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Enim : «Il y a toujours une demande extrêmement forte en termes d’embauches»


L’Enim de Metz a une capacité de 1 000 étudiants. (Photo : le républicain lorrain/ miguel antunes)

Ouverte depuis 1962, l’Enim (École nationale d’ingénieurs de Metz) organise ses journées portes ouvertes ces vendredi 6 et samedi 7 février. L’établissement messin délivre quelque 200 diplômes d’ingénieurs chaque année.

Directeur depuis 2011, Pierre Chevrier décrit l’école, qui accueille 900 élèves, évoque l’insertion professionnelle, mais également l’impact de l’intelligence artificielle.

Présentez-nous l’Enim.

Pierre Chevrier, directeur de l’école depuis 2011 : «L’École nationale d’ingénieurs de Metz, créée en 1960 et ouverte en 1962, a la vocation de former des ingénieurs pour irriguer l’industrie sur le territoire. On est une école post-bac et on recrute des jeunes à l’issue d’un concours commun à 35 écoles d’ingénieurs en France, qui s’appelle Geipi Polytech.

C’est notre recrutement majoritaire, mais on recrute également des étudiants en bac +2 qui sortent d’un BUT (Bachelor universitaire de technologie) ou de classes préparatoires, et aussi des étudiants internationaux qui représentent entre 20 et 25 % des étudiants. On veut des ingénieurs de terrain, des ingénieurs pragmatiques, donc on a une formation qui est très appuyée sur la pratique avec plusieurs stages obligatoires.»

L’Enim est une école orientée sur la mécanique, mais généraliste…

«On est généraliste dans le génie mécanique et dans le génie industriel. Ça veut surtout dire qu’on ne vise pas forcément un emploi de spécialité pour nos étudiants diplômés, mais qu’ils puissent avoir un spectre d’embauches qui soit le plus large possible dans ces domaines.»

Quel est le taux d’embauches une fois le diplôme en poche ?

«On a 100 % d’embauches et quasiment toutes en CDI au bout de quatre à cinq mois. En moyenne, il y a 45 % des diplômés qui ont un emploi en sortant de l’école, car, au dernier semestre de formation de cinquième année, les étudiants ont un projet de fin d’études. Ils sont déjà en entreprise, une sorte de pré-embauche. Il y a toujours une demande extrêmement forte en termes d’embauches, on n’a vraiment aucun souci d’employabilité.»

Quel rôle joue l’intelligence artificielle sur le marché du travail ? Est-ce qu’on aura toujours autant besoin des ingénieurs dans le futur ?

«Pour moi, c’est la même problématique que quand il y a eu la robotisation des chaînes de production. On disait que ça allait tuer les emplois, qu’il n’y aurait plus personne sur les lignes de production. Mais ça a simplement fait évoluer les métiers. Et, aujourd’hui, l’IA aura le même effet.

Elle arrive dans l’évolution de la robotique avec ce qu’on appelle les robots humanoïdes qui sont bourrés de capteurs, de caméras et dans lesquels on intègre des algorithmes d’intelligence artificielle. Mais on aura toujours besoin de gens pour les programmer, pour développer les algorithmes, pour faire leur apprentissage. C’est simplement les compétences attendues de l’ingénieur qui évoluent.»

Est-ce qu’il y a une crainte à avoir sur cette évolution ?

«Ma crainte, et je pense qu’elle est partagée aujourd’hui dans le monde universitaire, c’est comment les jeunes utilisent l’IA au quotidien pour pomper ou pour faire leur travail à la maison. L’IA est une force. Si elle est bien utilisée, elle permet de se séparer des tâches sans valeur ajoutée et d’apprendre beaucoup mieux et d’approfondir ses connaissances.

On essaye surtout de les sensibiliser à ça parce qu’ils l’utilisent un peu automatiquement sans forcément se poser les bonnes questions. Mais sinon, sur le fait d’utiliser l’IA et son déploiement dans le monde à l’extérieur, je n’ai aucune inquiétude là-dessus, au contraire.»

Recueilli par Simon Guerin
(Le Républicain lorrain)

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