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Dix ans après, le «Mettis thionvillois» ne roule toujours pas


Pour l’heure, les seules réalisations concrètes sont matérialisées par la création de deux ponts à Thionville qu’emprunteront les premiers bus après les vacances de février, selon les prévisions.

Voilà un peu plus d’une décennie que le projet de bus à haut niveau de service est dans les cartons en Moselle Nord. Où en sont aujourd’hui les réflexions du Smitu devenu TeMo à propos du nouveau réseau qui tarde à venir. Audits et études se succèdent. Deux ponts sont construits. Et toujours pas de bus électriques.

Usagers, élus… Nul n’ignore sur le bassin de vie de Thionville-Fensch les multiples déboires qui ont émaillé et ponctuent encore parfois le quotidien de ceux qui empruntent les bus estampillés désormais Keolis. Des déboires parfois financiers, notamment lorsqu’il s’agit de faire un focus sur ces 49 millions d’euros consacrés au fameux projet de bus à haut niveau de service Citézen (BHNS), et dont la majeure partie a finalement servi à renflouer les caisses de la société TransFensch.

D’autres couacs, il y en a eu aussi, impactant directement les scolaires cette fois. Depuis que le nouveau président du syndicat est au volant du Smitu rebaptisé TeMo, l’instance ambitionne de perdre son étiquette de manque de professionnalisme qui lui colle à la peau depuis des années.

Priorité sur les gares

Fort de ce constat, toute une série d’interrogations émerge, et les réponses tardent. Pas faute de questionner les concernés, avec récemment une demande d’interview de son président. Un président à qui nous avons souhaité poser des questions concrètes.

Parmi lesquelles : «BHNS ou plus de BHNS finalement?», «Où en est la situation financière du Smitu devenu TeMo?», «Quel est aujourd’hui le calendrier pour la réalisation du nouveau réseau de bus? Quid de son coût?», «Les bus électriques sont-ils maintenus? Si oui, combien? Avec quelle motorisation (thermique-électrique, uniquement électrique…)?», «Combien de kilomètres en véritable site propre, et où?» ou «Faudra-t-il élargir des rues, chaussées, démolir des murs, arbres ou habitations?»

À l’autre bout du fil, Rémy Dick assure que «des annonces vont être faites le 6 février prochain», à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée. D’ores et déjà, l’élu florangeois dévoile que le «BHNS sera revisité, allégé car on n’a pas besoin d’un BHNS partout, et que l’on ira sur le sujet au bout des voiries imaginées lors de l’ancien Citézen» ; que la priorité est désormais axée autour des gares (Thionville, Uckange, Hettange) – de futurs pôles multimodaux – et sur le transport public du quotidien ; et que les bourses du syndicat se portent mieux.

«Mon objectif est de mettre en service un réseau fonctionnel, et de rester sur une dynamique d’accord entre les élus de TeMo», aux sensibilités politiques différentes, et amenés à collaborer davantage suite à la fusion des intercommunalités de Porte de France Thionville et du Val de Fensch. Car l’enjeu est évidemment aussi politique.

Ce qu'en dit l'association de défense des usagers

«La mise en œuvre d’une politique de qualité associée à des indicateurs et des étapes intermédiaires, en concertation avec les clients, est incontournable jusqu’à l’inauguration du BHNS », appelle de ses vœux l’association de défense des usagers, Usag ThiFensch.

Emmanuel Correia
(Le Républicain lorrain)