De Paris à Metz, plusieurs centaines de personnes se sont réunies, mardi, pour apporter leur soutien au Mosellan, condamné à mort en Indonésie.
« Exceptionnellement, l’ambassade d’Indonésie fermera ses portes à 15h30 aujourd’hui. » Voilà le petit écriteau qu’on pouvait lire, mardi, à l’entrée de la belle bâtisse cossue du XVIe arrondissement de Paris devant laquelle une centaine d’individus venus manifester leur soutien à Serge Atlaoui ont protesté contre sa possible prochaine exécution.
Dix-huit associations, qui ont rapidement dû s’éloigner de la représentation de l’archipel en France et se sont rassemblées autour d’un banc, dans l’angle de la rue d’à côté, avec pancartes et banderoles. Après le crash aérien du matin qui a douché les espoirs d’obtenir un bon écho médiatique, la pluie a testé la résistance d’un petit groupe de bénévoles convaincus que le salut viendra désormais de la rue.
« Le rassemblement ici à Paris ainsi que celui de Metz sont des messages envoyés aux autorités indonésiennes disant que la France ne laissera pas faire. On tient à démontrer que son pays ne laissera pas tomber Serge. Et ce n’est qu’un début », affirme Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d’Ensemble contre la peine de mort (EPCM), initiateur du mouvement de solidarité autour des Atlaoui.
Parmi les manifestants, on croise Martine, 50 ans, transie sous son parapluie, qui a rencontré Sabine Atlaoui à Djakarta par l’entremise d’une amie commune. « Je suis inquiète, car le nouveau président (Joko Widodo) veut faire des exemples avec l’application de la peine de mort. »
Liaison par smartphone
Pas de people, peu d’élus, dans la petite assemblée blottie contre le mur d’un commerce voisin pour se protéger de la pluie. Patrick Abate, le sénateur-maire de Talange devient presque l’attraction du groupe lorsqu’il monte sur le banc public pour improviser un petit discours.
« J’étais en séance au Sénat et je ne me voyais pas passer une soirée tranquille sans venir ici vous montrer le soutien d’un élu de la République, d’un élu de Moselle. Serge et sa famille sont de chez moi, je les ai déjà aidés par le passé en mettant une salle à leur disposition pour un concert ou une soirée. Quoi qu’une personne ait pu faire, elle ne mérite pas la mort, que les choses soient claires. Les communistes, ma famille politique, sont attachés à la dignité humaine », explique-t-il sous les applaudissements.
Enfin, la liaison se fait avec Sabine Atlaoui dont le visage apparaît sur le smartphone de Raphaël Chenuil-Hazan, qui joue les porte-parole. « Sabine prend son énergie dans votre soutien du jour, qui l’aide à avancer malgré les épreuves. Elle est épuisée malgré l’entraide entre les femmes de condamnés à mort à Djakarta. Elle vous embrasse tous. »
L’échange s’achève par une requête toute symbolique de l’épouse de Serge Atlaoui : « elle me demande que l’on crie tous le mot espoir », lance le directeur général d’ECPM. 1, 2 et 3 et tout le monde s’élance : des « espoir, espoir » montent de la rue, à quelques dizaines de mètres de l’ambassade d’Indonésie.
Alain Morvan, à Paris (Le Républicain Lorrain)