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Clouange : elle filme son agresseur et le fait condamner


La jeune femme se baladait sur le Fil bleu de l’Orne au niveau de Clouange, en soirée. Il faisait encore très beau. Photo RL /Fred LECOCQ

La jeune femme de 19 ans se baladait seule lorsqu’un garçon est venu l’aborder à Clouange le 3 septembre dernier. Il s’est vite montré violent et entreprenant. La victime a filmé une partie de la scène. Son agresseur vient d’être jugé et condamné.

Tasya* est en école d’infirmière à Metz. La jeune femme de 19 ans marche régulièrement pour se vider l’esprit, « se mettre dans sa bulle ». Le 3 septembre dernier, elle quitte le parcours du Fil bleu à Clouange lorsqu’un type vient l’aborder. « Il me fait des compliments, il me demande si j’ai un petit copain. » Baskets, legging et tee-shirt de sport, Tasya ne s’arrête pas.

Elle répond qu’elle est en couple en espérant qu’il la laisse tranquille. Mais le garçon insiste. Il est torse nu sur son vélo. Il s’approche, la bloque. « II passe sa main sur mon visage et dans mes cheveux. Je le repousse, il attrape mon poignet. » Tasya parvient à se détacher. « Il me met la main aux fesses et me dit : “ Tu veux satisfaire les besoins sexuels d’un jeune Arménien ? »

Peur et colère

Tasya se sent en danger. Elle prend son téléphone et active la caméra. « Il faut filmer sinon on ne nous croit pas », estime la jeune femme. Il continue à la suivre de trop près. La vidéo l’enregistre quand il lui demande de se poser dans l’herbe. La victime raconte qu’il lui touche à nouveau les fesses. Elle tente de garder son calme « pour ne pas l’énerver ». Il est presque 19 h, il fait encore jour mais les promeneurs ont disparu.

L’agresseur finit par s’éloigner. Tasya appelle sa mère en larmes. « Elle m’a dit d’aller dans un endroit où il y avait du monde. » La jeune fille entre dans une boulangerie. « Je suis tombée sur des gens d’une gentillesse incroyable. Ils me rassurent, préviennent la police. » La vidéo permet aux policiers d’arrêter rapidement le garçon. « Ils l’ont amené devant chez moi pour que je l’identifie. » Il est placé en garde à vue, Tasya dépose plainte dans la soirée. L’affaire est prise au sérieux. Un rendez-vous est calé le lendemain pour une expertise médicale à l’hôpital Legouest.

« Je refuse d’aller mal. Je ne veux pas m’arrêter de vivre », se défend-elle, déterminée. La peur se mêle aujourd’hui à la colère. Elle reste de marbre derrière ses grandes lunettes et ses longs cheveux raides.

Agression sexuelle et violences

Le garçon âgé de 22 ans était présenté devant le tribunal correctionnel de Thionville ce mardi 30 novembre. Tasya était présente, accompagnée de ses grands-parents. Elle s’est constituée partie civile. « Ma démarche est aussi pour toutes les autres filles », rappelle-t-elle.

Le prévenu s’exprimait subitement moins bien face aux juges. Son avocat a invoqué le droit de draguer une jeune femme sans que cela ne se termine par un procès. Mais le tribunal a bel et bien estimé qu’une agression sexuelle et des violences étaient caractérisées. Il prononce trois mois de prison avec sursis et 100 euros d’amende contre l’intéressé. Il sera également inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles et devra verser 800 euros à la victime au titre de son préjudice moral.

* Le prénom a été modifié.

Le Républicain Lorrain

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