Le premier voyage en navette fluviale de la belle saison a été lancé par la Compagnie des bateaux de Metz, samedi 4 avril. Le service, qui a séduit près de 37 000 passagers en 2025, est disponible du lundi au samedi de 7 h 45 à 20 h 15, pour le prix d’un ticket de bus, jusqu’à début octobre. Dépaysement garanti.
La brume matinale s’est dissipée. Silencieusement, le bateau fend l’eau verte, croisant sur son passage une cane camouflée dans de cotonneux roseaux, un cormoran qui étend ses ailes au soleil. Au loin, on aperçoit le mont Saint-Quentin.
Depuis ce samedi 4 avril, les navettes fluviales Metz’O ont repris du service pour la saison estivale, offrant à leurs passagers une parenthèse de sérénité, le temps d’un trajet. Exploité pour la cinquième année consécutive, ce service de transport, géré par la Compagnie des bateaux de Metz, a conquis près de 37 000 usagers l’an dernier, soit 25 % de plus qu’en 2024.
«Ça a été tout de suite un franc succès», vante le maire de Metz, François Grosdidier. «On est dans l’hypercentre et on se croirait dans une mangrove. C’est très bucolique.»
Des panneaux solaires sur le toit
Le charme du trajet en bateau est indéniable. Depuis l’eau, les vues sur les rives et les bâtiments sont belles, au milieu des arbres en fleurs.
Le long des berges, des joggeurs adressent des signes joyeux. Un chien se baigne, des canards s’envolent. Aucune odeur de gasoil, aucun bruit de moteur : «Le bateau date de 2021 et est 100 % électrique. Sur son toit, des panneaux solaires l’alimentent constamment en énergie, et il a une quinzaine d’heures d’autonomie. Il est à fond plat, ce qui fait qu’on ne provoque aucune vague malgré le fait qu’on navigue à 9 km/h», rapporte fièrement Baptiste Goujon, capitaine et directeur de la Compagnie des bateaux de Metz.

Le dépaysement est garanti le temps d’un trajet. (Photo : Gilles Wirtz)
À l’intérieur, des tables et des chaises donnent à l’embarcation un petit air de restaurant. «On a un certain confort à bord. On peut déguster une boisson, un café. C’est chauffé quand il fait froid et climatisé en période de forte chaleur.» Pour profiter encore davantage de la balade, deux plateformes, à l’avant et à l’arrière, permettent de sortir, sentir la brise et écouter le doux clapotis de l’eau.
On dépasse la haute fontaine du plan d’eau et les berges de l’île du Saulcy, où s’érigera la future passerelle Wadrineau. Le bateau impose son rythme. Il ne faut pas être pressé. «On a des passagers qui le prennent pour des trajets domicile-travail, mais essentiellement, ce sont des gens qui se baladent», rapporte Baptiste Goujon.
La problématique a d’ailleurs été soulignée par la Chambre régionale des comptes, qui juge ces navettes « coûteuses et essentiellement touristiques ». «Le prix du voyage a été parfois critiqué» , tance François Grosdidier. «Mais le Metz’O est un élément de charme pour la Métropole, qui s’inscrit dans une politique globale. Il fait venir aux transports en commun des gens qui ne les utilisent jamais.»
Les deux lignes Metz’O rallient le centre de Metz à Longeville-lès-Metz ; ou à Scy-Chazelles et Moulins-lès-Metz. Les bateaux permettent d’accueillir à leur bord 75 personnes et 6 à 10 vélos. «C’est le seul transport du réseau Le Met’qui permette l’intermodalité, et c’est très apprécié», assure François Grosdidier. Six stations sont desservies, le long de la Moselle où sont installés des pontons flottants.
Pour assurer ce service de transport estival, la Compagnie des bateaux de Metz emploie quinze personnes – dix salariés et cinq saisonniers.
Les navettes circulent du lundi au samedi, sans interruption ; le dimanche, elles sont en «maintenance préventive».
Bon à savoir : dès le mercredi 8 avril, une page Facebook sera créée pour tout suivre de l’actualité des Metz’O. Et pouvoir profiter pleinement d’une balade au fil de l’eau.
Cécile Carton
(Le Républicain lorrain)