Décidément, on aimerait moins parler de lui, mais cela semble presque impossible. Que vous dire? L’homme tire la couverture médiatique sur lui. Que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons, il s’en fiche : il continue de provoquer, d’invectiver, de se moquer, d’essayer de dominer. Mais peut-être a-t-il fait le faux pas de trop, cette fois, avec l’un de ses plus proches alliés. Non pas la France, bien sûr, qui a aidé à créer son pays, mais le Royaume-Uni.
Notre ami Donald Trump a bousculé le sommet de Davos cette semaine, mais n’a pas réussi à obtenir ce qu’il voulait. Les pays de l’Union européenne lui ont tenu tête et il semble que les partenaires des États-Unis commencent à en avoir assez de servir de punching-ball à l’administration du président américain. Peu importe que ces excès soient vendus comme un nouveau style de négociation : il apparaît clairement que la patience de nombreux pays a atteint ses limites.
À Londres aussi, la colère s’est invitée dans les bureaux du Premier ministre et dans les médias. Le tonitruant Trump, après avoir quitté Davos, a encore envoyé une pique aux partenaires de l’OTAN, estimant que leurs troupes étaient bien loin du front lors de la guerre en Afghanistan lors d’une interview sur Fox News. Fureur de l’autre côté de l’Atlantique. Les Britanniques, relativement discrets durant l’affaire groenlandaise, ont cette fois perdu leur flegme.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, à l’unisson de toute la classe politique du Royaume-Uni, a qualifié vendredi les propos du locataire de la Maison-Blanche d’«insultants» et de «franchement consternants». Près de 457 soldats britanniques ont perdu la vie lors de cette guerre et des milliers d’autres ont été blessés. Sans parler des centaines de morts parmi les armées européennes, mobilisées dès la première heure de ce conflit, en réponse à l’activation de l’article 5 du traité de l’OTAN par les États-Unis, attaqués sur leur sol le 11 septembre 2001. Oui, quand les Américains ont eu besoin de nous, nous avons répondu présent, tout de suite. Trump a la mémoire courte et pourrait bien réussir à éloigner de son pays son allié le plus intime. Il fallait le faire. Le président américain veut un prix Nobel. Celui de la bêtise n’existe pas encore malheureusement.