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Un climat toxique

Le nouveau coup de gueule de l’Union des syndicats intervient dans un contexte particulier. D’un côté, les leaders de l’OGBL et du LCGB fustigent le refus du gouvernement de procéder à une hausse structurelle du salaire minimum.

Ils dénoncent aussi l’absence d’avancées concrètes en faveur des salariés dans d’autres dossiers sensibles, comme la réglementation du travail de plateforme ou le plan d’action visant à augmenter le taux de conventions collectives.

La confiance placée dans le nouveau ministre du Travail, Marc Spautz, n’est pas encore rompue, mais elle semble déjà avoir été entamée au terme de ses cent premiers jours au gouvernement.

Le même Marc Spautz affichait pourtant le sourire aux côtés des syndicats lors de la signature, ce vendredi également, du nouvel accord tripartite sécurisant l’activité d’ArcelorMittal au Luxembourg.

La pression conjointe du gouvernement et des syndicats a permis de limiter nettement la casse. Au lieu des 1 150 emplois initialement menacés, le sidérurgiste ne réduira ses effectifs que de 300 postes, sans recourir à des licenciements secs.

ArcelorMittal s’engage par ailleurs à investir, d’ici à 2029, jusqu’à 334,5 millions d’euros dans ses sites de production luxembourgeois. Cet accord, baptisé «LUX2029», prouve une nouvelle fois la véritable force du dialogue social, reposant sur le modèle tripartite.

L’escalade au Moyen-Orient pourrait contraindre, à court terme, le gouvernement, les syndicats et le patronat à se retrouver autour de la table des négociations dans les prochaines semaines.

Le retour d’une inflation galopante risque de reléguer au second plan le débat sur une revalorisation, ponctuelle ou structurelle, du salaire minimum. Malgré le succès engrangé dans le dossier ArcelorMittal et la reprise de pourparlers bilatéraux sur la réforme du droit du travail, le climat social apparaît trop toxique pour permettre des négociations sereines sur un éventuel bouclier anti-inflation.

L’Union des syndicats est-elle trop radicale dans ses revendications? La question se pose aussi pour le patronat. Le gouvernement, de son côté, se montre-t-il trop maladroit? L’heure de vérité approche. Pour le bien du pays, une remise en question s’impose dans les trois camps.

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