Il n’a même pas eu la décence de commander l’opération «Epic Fury» («Fureur épique») depuis la Maison-Blanche. Donald Trump a passé comme si de rien n’était le week-end dans sa résidence privée à Mar-a-Lago. Rien ne l’indique, mais c’est peut-être entre deux parties de golf que le président américain a déclaré la guerre à l’Iran. Pas d’adresse à la nation depuis le Bureau ovale, mais une simple vidéo diffusée sur son réseau Truth Social, avec une casquette blanche sur la tête.
La situation est bien trop grave pour s’arrêter sur ce genre de détails. Ils démontrent toutefois l’insouciance avec laquelle Donald Trump est disposé à lancer des conflits armés. Lors de sa campagne électorale, il avait pourtant clamé ne pas vouloir être un va-t-en-guerre. Encore une promesse électorale qu’il n’a pas tenue. L’argumentation pour justifier les frappes dites préventives sur l’Iran ne tient pas forcément la route. La République islamique n’était pas sur le point de se doter d’armes nucléaires susceptibles de menacer les États-Unis. En partie grâce aux bombes lancées en juin dernier sur les installations nucléaires de l’Iran. Donald Trump fanfaronnait à l’époque d’avoir «oblitéré» l’arsenal iranien. Raté.
Aujourd’hui, le président américain et son allié Israël ne cachent pas leur intention de faire chuter le régime. La mort du guide suprême Ali Khamenei est insuffisante. «Personne ne va le pleurer», souligne à juste titre le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Xavier Bettel. Mais Donald Trump a-t-il un plan pour la suite des évènements? Sa seule idée : les missiles tuent les leaders, le peuple devra réussir à mener une révolution. Trop simpliste comme équation.
Le président américain veut avoir fini le job en quatre semaines. L’intention était la même lorsque le président George W. Bush avait fait chuter le dictateur irakien Saddam Hussein. Un leurre, car le conflit n’a en rien stabilisé le pays. Miser exclusivement sur des frappes aériennes pourrait s’avérer inadapté. En attendant, l’ensemble du Moyen-Orient s’embrase. Un scénario qui se trouvait sur la table à Mar-a-Lago? Pas sûr. En deux jours de combats, l’objectif affiché par Donald Trump de ramener la paix dans la région et dans le monde paraît déjà bien lointain.