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Si vis pacem, para bellum

Les Defence Bonds lancés par le gouvernement ont fait un carton incroyable. Le public a répondu présent pour se saisir de cette opportunité de placement devant aider au renforcement des capacités de défense du Luxembourg. L’air du temps a bien changé. Le Grand-Duché utilise aujourd’hui un large éventail de moyens pour répondre au défi soumis à l’Union européenne par la Russie après son invasion de l’Ukraine et surtout aux menaces, voilées ou pas, lancées à l’encontre des pays occidentaux par le maître du Kremlin. Il y a peu, les médias russes dévoilaient encore le temps qu’il faudrait pour que les capitales du continent soient frappées par un missile lancé depuis les confins de la Sibérie. Un message on ne peut plus clair. Cette réaction luxembourgeoise est aussi liée aux vociférations du locataire de la Maison-Blanche qui menace à tout bout de champ d’abandonner ses alliés de l’OTAN en cas d’attaque si ces derniers n’augmentent pas leur budget de défense. Ironie de l’histoire, cette demande de Donald Trump a été faite pour que les Européens puissent protéger leur territoire d’un éventuel ennemi alors que lui-même lorgne sans vergogne le Groenland. Allez comprendre. Le monde ne tourne plus très rond en ce moment.

Le Luxembourg est en tout cas prêt à faire sa part comme toujours et s’organise rapidement pour, par exemple, réunir des entreprises en mesure de s’engager dans des programmes militaires, pour augmenter ses capacités militaires, pour attirer de nouvelles recrues dans l’armée grand-ducale, pour acheter de nouveaux matériels ou pour mettre en œuvre des collaborations plus étroites avec les armées européennes, la Belgique en tête. La liste est longue et elle s’allongera encore sûrement ces prochains mois.

Depuis février 2022, le paradigme a changé. Ce type d’initiative d’un gouvernement luxembourgeois aurait été complètement inimaginable il y a à peine cinq ans. La levée de boucliers aurait été immédiate. Tout a été chamboulé depuis maintenant presque quatre ans et, surtout, depuis l’arrivée du tonitruant Trump au pouvoir de l’autre côté de l’Atlantique. Il faut faire vite et bien pour se prémunir du pire et pouvoir répondre aux provocations de n’importe quel adversaire. Fichu XXIe siècle qui commence presque comme le XXe.

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