On voit Léon Gloden chercher, presque désespérément, à capter l’attention de Friedrich Merz. Mercredi soir, le ministre des Affaires intérieures a assisté à Trèves à un meeting électoral du chancelier allemand. Sur une photo partagée sur les réseaux sociaux, le politicien du CSV dit «merci pour l’entretien sur les contrôles aux frontières». «Nous devons penser européen», ajoute le ministre qui a donc profité de ce bref échange pour rappeler l’opposition du Luxembourg aux barrages filtrants installés depuis septembre 2024 sur les autoroutes en direction de Sarrebruck et de Trèves.
Le rendez-vous improvisé est intervenu trois jours après l’annonce d’une nouvelle prolongation des contrôles. Mardi, le Premier ministre, Luc Frieden, a été reçu par le chancelier à Berlin. Ont-ils également discuté d’un sujet qui fâche? Toujours est-il que la galère des navetteurs se poursuivra au moins jusqu’en septembre. Le soulagement de début décembre, lorsque le chancelier avait annoncé la fin des contrôles, aura été de courte durée. Un malentendu? Entendait-il attendre la mise en œuvre effective du pacte migratoire européen plus restrictif avant de lever une mesure qu’il qualifie pourtant de «provisoire et à effet limité»? En attendant, les effets de la pression exercée par le Luxembourg sont restés limités. Sur l’impulsion du duo Frieden-Merz, les ministres de tutelle sont tombés d’accord pour lever à la mi-août les contrôles stationnaires sur le pont de Schengen. Un succès que Léon Gloden avait célébré. Mais son homologue Alexander Dobrindt lui porte aujourd’hui un nouveau coup.
Plus interpellant encore que l’obsession de l’Allemagne à maintenir ces contrôles est le silence radio de la Commission européenne. Saisie en février 2025 pour vérifier le bien-fondé de contrôles contraires aux accords de Schengen, la gardienne des traités n’a toujours pas tranché. Début décembre, Léon Gloden avait taclé Bruxelles pour son inaction. Toujours pas de réaction. Mais une perte de contrôle qui risque de nuire gravement aux fondations de la libre circulation en Europe. Porter plainte devant Cour de justice de l’UE devient de plus en plus incontournable. Pour faire pression sur l’Allemagne, et pour défendre Schengen.