La mort du jeune Quentin, lynché par des membres de l’ultragauche à Lyon, a tendu encore un peu plus le monde politique français. L’évènement, terrible, a évidemment enflammé les débats et n’a en rien calmé les ardeurs des partis politiques et des futurs candidats, déclarés ou non, à l’élection présidentielle qui aura lieu l’année prochaine. Nous sommes loin de l’apaisement, c’est plutôt l’heure de l’emballement. L’agression a été, à juste titre, un choc. Si la violence politique a été condamnée par tous, les propos ont dérapé peu à peu au fil des jours qui ont suivi ce terrible évènement. Et certains parlent déjà d’une «trumpisation» du débat politique français. Qui pour stopper cet effet d’entraînement? Pas grand monde apparemment. Ou des personnes qui sont devenues, malheureusement, inaudibles dans le vacarme ambiant.
L’actuel locataire de la Maison-Blanche a fait tomber d’innombrables barrières éthiques durant sa campagne et depuis son arrivée au pouvoir. Les quelques garde-fous encore debout sont largement mis à mal par sa rhétorique et sa volonté de rassembler tous les pouvoirs entre ses mains pour «résoudre», dit-il, les problèmes de sa très chère Amérique. Il ne s’embarrasse pas non plus du ridicule lorsqu’il envoie un navire-hôpital militaire au Groenland pour sauver les malades délaissés de ce territoire. Les marins américains vont être surpris en découvrant que ces habitants bénéficient d’une couverture médicale universelle et gratuite. Le choc va être immense pour eux.
Aujourd’hui, nos voisins français, vivant dans la patrie de Descartes, rappelons-le, semblent tentés par les discours simplistes, caricaturaux et manichéens. Il faut rassurer et vite, quitte à prendre des raccourcis. Il faut aussi désigner des coupables : partis, justice, pouvoirs publics, Constitution, élus, habitants, militants… La liste est longue. Presque tout ce qui a été construit durant la longue histoire constitutionnelle du pays semble voué aux gémonies. La politique européenne est-elle en train d’être contaminée? Du Grand-Duché, regardons la situation en France sans ricanement, mais avec sérieux et responsabilité. Le modèle luxembourgeois, qui nous lie même au-delà des frontières, est finalement un bien précieux.