Les pays de l’Union européenne ont donc approuvé l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur (l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay).
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déjà annoncé qu’elle allait très rapidement s’envoler pour l’Amérique du Sud afin de signer le document. Pour résumer, c’est l’industrie européenne qui rit et l’agriculture qui pleure.
Malgré l’opposition de la France, puissance agricole du continent, de la Pologne, de la Hongrie, de l’Autriche et de l’Irlande (la Belgique s’est abstenue), voici donc ce lourd dossier arrivant presque à son terme. Une victoire pour von der Leyen? Oui, mais à la Pyrrhus.
Cet accord provoque la division sur notre continent et les mobilisations des agriculteurs en France ou en Belgique, par exemple, vont aller crescendo. La peur des paysans? Voir arriver sur notre sol un tsunami de produits à prix cassés, des denrées cultivées ou produites loin des règles contraignantes de l’Union européenne.
Bref, un abandon du monde agricole face à des impératifs financiers et à l’obligation de relancer une économie bousculée par la crise liée à la guerre en Ukraine, par une machine industrielle chinoise abreuvée de subventions étatiques et par la guerre commerciale lancée par Donald Trump.
La Commission européenne voudrait même court-circuiter le Parlement européen pour appliquer rapidement le texte sans passer par un vote devant la représentation démocratique du continent.
Voilà qui va encore provoquer l’ire de ceux qui sont contre cet accord et qui fustigent l’attitude d’Ursula von der Leyen. Et à coup sûr, cela va encore faire augmenter la défiance vis-à-vis de cette Union européenne si précieuse, mais qui semble s’isoler de ses habitants. Nous n’avons pas besoin de cela en ce moment.
Pire, les leçons du Brexit britannique ne paraissent pas avoir été apprises et c’est comme si l’Union européenne faisait fi des montées des populismes qui ne sont pas vraiment eurocompatibles
Chez nos voisins français, les slogans autour du Frexit fleurissent dans les cortèges. De quoi fragiliser encore cette belle Union qui semble donner le bâton pour se faire battre.