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Manœuvres inutiles

Le nouveau ministre du Travail, Marc Spautz, l’a clamé encore une fois haut et fort, mercredi après-midi, à la tribune de la Chambre. Son intention est de rétablir un véritable dialogue social constructif.

Le successeur de Georges Mischo s’est fixé comme premier objectif de trouver un accord sur la règlementation du travail de plateforme. Une priorité partagée est d’améliorer la protection des personnes travaillant dans ce secteur.

Marc Spautz a souligné devant les députés qu’il compte ficeler son projet de loi une fois achevés les pourparlers avec les partenaires sociaux. Il ne cache pas que certaines positions de l’Union des syndicats OGBL-LCGB et de l’union patronale UEL sont «diamétralement opposées».

Le ministre chrétien-social dit toutefois avoir bon espoir qu’un document de synthèse, qui sera présenté le 24 février aux délégations, permettra de s’accorder sur un texte dans lequel «chacun pourra s’y retrouver».

On semble donc loin de la supposée stratégie du gouvernement de consulter avant de décider seul. Pourtant, OGBL et LCGB ont adressé, lundi, une nouvelle lettre de protestation au Premier ministre, Luc Frieden, dans laquelle ils déplorent que les «deux dernières années aient été largement perdues».

Pas d’avancées sur la directive européenne relative à des salaires minimums adéquats ni sur le projet du plan d’action national pour promouvoir la négociation de conventions collectives. Peu d’avancées sur d’autres dossiers, dont le travail de plateforme.

Ce genre de missive risque de plomber la relance encore timide du dialogue social, prôné par l’ancien syndicaliste qu’est Marc Spautz.

Le forcing de l’OGBL et du LCGB pour participer aux négociations salariales dans la fonction publique arrive également à un mauvais moment. L’engagement d’un bras de fer avec la CGFP pourrait compliquer le retour aux pourparlers tripartites, dans le cadre du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE).

Ces manœuvres sont inutiles, au contraire de l’appel adressé au Premier ministre à convoquer une tripartite sidérurgie pour discuter des plans de délocalisation d’ArcelorMittal. C’est dans cet esprit que le dialogue entre gouvernement, syndicats et patronat devra se poursuivre.

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