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L’Européen inattendu

Il est empêtré dans des querelles internes. Son gouvernement tangue aussi par moments. Mais, sur le plan européen, le Premier ministre belge, Bart De Wever, joue un rôle très positif. La même chose vaut pour le Benelux, l’union historique que forme son pays avec les Pays-Bas et le Luxembourg. On parle bien du même Bart De Wever qui a longuement milité pour une séparation de la Flandre et de la Wallonie. Mais depuis le 3 février 2o25, le nationaliste flamand est le chef du gouvernement fédéral, qui a pour mission de défendre les intérêts de l’ensemble du Royaume. Et ceci dans les trois langues officielles : le néerlandais, le français et même l’allemand.

À l’échelle de l’UE, tous les yeux étaient rivés en fin d’année dernière sur Bart De Wever. Il est resté opposé à l’utilisation des avoirs russes bloqués à Bruxelles pour aider financièrement et militairement l’Ukraine. Trop importante était la crainte de voir la Russie venir demander des comptes à la Belgique. Une condition avait bien été posée, sans toutefois être respectée : que tous les États membres de l’UE apportent des garanties à leur allié belge. Finalement, Bart De Wever s’est imposé comme l’un des principaux artisans d’un plan B prévoyant l’octroi à l’Ukraine d’un prêt de 90 milliards d’euros.

Un échelon plus bas, Bart De Wever fait figure de locomotive pour refaire du Benelux un «laboratoire d’innovation et de coopération» apte à prendre un rôle de leader en Europe. Il pense plus particulièrement à la création d’un véritable marché intérieur – sans frontières administratives ou fiscales – pour doper l’échange de biens, de services, d’énergie, de capitaux, sans oublier la libre circulation des personnes. Le Premier ministre belge, en visite lundi au Grand-Duché, est assuré du plein soutien de son homologue luxembourgeois. Le nouveau chef du gouvernement néerlandais, Rob Jetten, est censé rejoindre ses deux alliés dans cette entreprise. Il convient dès lors de saluer le fait que le politicien nationaliste qu’est (ou était?) Bart De Wever ait pris la mesure de l’importance des partenariats transfrontaliers et européens. Une évolution politique qui n’allait pas nécessairement de soi au moment de sa prise de fonction, il y a un peu plus d’un an.

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