Le Rassemblement national a tenu son congrès à Orléans ce week-end. Marine Le Pen caracole actuellement en tête des sondages pour le premier tour de la présidentielle française qui aura lieu à la mi-avril l’année prochaine. Pour le second tour, la candidate du parti d’extrême droite bat encore, quels que soient les cas de figure, son adversaire, que ce soit Jean-Luc Mélenchon pour l’extrême gauche, Raphaël Glucksmann pour le camp social-démocrate ou Édouard Philippe pour le centre droit.
Les révélations de Mediapart concernant les posts antisémites attribués à Jordan Bardella, président réélu du parti et pressenti pour être Premier ministre, n’ont pas fait dévier les courbes des sondages. L’impact sur la campagne semble avoir été très limité. Les dénégations de l’intéressé ont suffi pour clore le débat, semble-t-il.
Après les manifestations qui ont secoué la France ces dernières semaines, et surtout les débordements, le Rassemblement national peut se frotter les mains. Lui qui s’érige comme le seul parti de l’ordre, de l’intransigeance face à la délinquance, comme le parti qui est l’allié des classes populaires et qui souhaite redonner du pouvoir d’achat aux Français. Cette liste de slogans est bien belle, mais lorsque l’on gratte un petit peu, on voit que la stratégie du parti lepéniste n’est construite que pour accéder au pouvoir. Ensuite, tenir la barre du pays est une autre affaire. Il faudra aller au-delà des mots.
On le redit encore ici, la France est un pays déchiré, divisé. Personne ne semble souhaiter apaiser les tensions et se placer comme le rassembleur qui pourra être le ciment d’une société qui cherche ses boucs émissaires. La haine de l’autre est devenue un fonds de commerce pour certains partis et cela fonctionne très bien. On voit mal les extrêmes, qui appellent sans cesse à choisir son camp et, surtout, à désigner des adversaires (pour ne pas dire des ennemis), créer les conditions d’une renaissance dont le pays a tant besoin. La présidentielle de l’année prochaine risque d’acter les divisions et les antagonismes. Et gare à la suite de l’histoire, car elle se termine généralement très mal.