Mercredi, le ministre Serge Wilmes n’était pas peu fier de présenter le nouvel accord salarial pour la fonction publique. Les syndicalistes de la CGFP avaient aussi le sourire. Au bout de «négociations intenses», qui se sont tenues dans le plus grand secret, un compromis «responsable et raisonnable» était trouvé. Le principal acquis : une revalorisation salariale de 2,5 % pour les fonctionnaires, à laquelle s’ajoute une série d’améliorations financières et statutaires pour plusieurs catégories d’agents publics.
Les importantes tensions ayant encore prévalu au printemps sur le maintien d’un système d’évaluation dans l’armée semblent aujourd’hui oubliées. Le ministre de la Fonction publique avait été «signalé disparu» fin avril lorsque la CGFP avait mobilisé ses troupes. Visiblement, une réconciliation avec Serge Wilmes a eu lieu. En même temps, il est toujours plus simple de faire la paix lorsqu’il y a de l’argent à distribuer. Dans ce cas, l’État va débourser 108,7 millions d’euros pour la hausse des traitements. Le coût total de l’accord salarial est estimé à 195,5 millions d’euros.
La CGFP se dit globalement satisfaite, même si, selon nos confrères de RTL, le syndicat aurait sollicité une revalorisation de 8 %. Mercredi, le président syndical Romain Wolff n’a pas souhaité commenter ce chiffre. Mais si cette revendication maximale a vraiment été mise sur la table, il est à saluer que les deux camps aient réussi à trouver un accord, après avoir mené des «négociations sérieuses» que réclament aussi l’OGBL et le LCGB dans le secteur privé. À ce niveau, le dialogue social est très fortement abîmé. Les ministres du Travail, Georges Mischo, et de l’Économie, Lex Delles, se contenteraient de consulter le camp syndical sans vouloir engager de véritables pourparlers afin de trouver des compromis viables. L’exécutif emmené par Luc Frieden bénéficiera d’une séance de rattrapage lors de la table ronde sociale mise en perspective par le Premier ministre.
Il est à espérer qu’il n’y aura pas un deux poids, deux mesures au niveau du dialogue social. Car, en comparaison avec la fonction publique, le camp des salariés, qui compte de très nombreux frontaliers, représente un poids électoral bien plus réduit…