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La fuite en avant

Les «référendums» se poursuivent dans les territoires annexés par l’armée russe. Le grotesque s’invite autour des urnes baladées à travers les rues des villes et villages aux routes défoncées, bordées parfois de bâtiments éventrés. On vote allègrement devant les caméras des médias autorisés, mais aussi sous le regard attentif des assesseurs et de leurs gardes du corps armés. Il ne faudrait pas cocher la mauvaise case par accident… Sur les images, tout le monde a le sourire et a hâte de devenir «officiellement» russe pour échapper à cette Ukraine pro-européenne, corrompue et nazie. Le contraste est saisissant par contre avec d’autres scènes qui ont lieu à des milliers de kilomètres de là.

Apparemment, tout le monde ne partage pas le même amour pour la patrie de Vladimir Poutine que les habitants vivant du côté du Donbass et de la région de Kherson. Alors qu’ils sont russes et qu’ils devraient donc se réjouir de vivre dans un pays qui tient tête à ces pervers d’Occidentaux, des milliers de jeunes hommes fuient leur pays. Au Kremlin, on expliquera sûrement que ce sont juste des vacanciers qui décident de se mettre au vert en Finlande, en Géorgie, en Turquie… ou en Mongolie. Curieusement, ces personnes ont toutes décidé de partir pour l’étranger au même moment, juste après l’annonce de la mobilisation partielle par Vladimir Poutine. Pas sûr qu’elles reviennent d’ici une à deux semaines pour reprendre leur vie normale et attendre dans leur boîte aux lettres le fameux ordre de se rendre dans une caserne. Il suffit aussi de voir la taille de leurs bagages pour constater que c’est une nouvelle vie qu’ils veulent commencer… loin de Vladimir Poutine, loin du Kremlin, loin de la Russie, loin de ce pays vivant dans un monde parallèle où on ne peut rien dire sans risquer des années de prison.

Ces jeunes Russes doivent se dépêcher avant d’être pris au piège. Il n’est pas certain que Vladimir Poutine apprécie ce genre de départ en congés. Une fermeture totale de la frontière est déjà évoquée par certains observateurs. Ce serait alors un nouvel aveu d’échec pour le Kremlin et un nouveau retour en arrière de plus de trente ans pour les habitants.

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