Plusieurs organisations de jeunesse vont manifester mardi devant la Chambre des députés afin de rappeler leurs revendications pour un meilleur accès au logement.
Ils se sont donné rendez-vous devant la Chambre des députés. Ce mardi 27 octobre, à 15 h, l’OGJ, la cellule jeunesse de l’OGBL, déi jonk gréng, déi jonk Lénk et les Jeunesses socialistes luxembourgeoises vont manifester pour faire entendre leur voix sur un sujet qui leur tient à cœur : l’accès au logement. Car si ce dernier est un problème pour une grande part de la population, il représente un enjeu encore plus grand pour les jeunes qui démarrent leur vie active.
Si c’est au tour de la jeunesse luxembourgeoise de descendre dans la rue, après la France, l’Albanie ou la Grèce, la manifestation n’est pas directement liée à ces autres mouvements de contestation. Le sujet du logement est au cœur des préoccupations depuis de nombreuses années et les organisations de jeunesse travaillent dessus depuis longtemps. Elles se sont d’ailleurs réunies vendredi dernier, à l’initiative de l’OGJ, pour une entrevue en présence de Nora Back, la présidente de l’OGBL, et de David Angel, membre du bureau exécutif du syndicat.
Ensemble, les différents partis et organisations ont pu réfléchir à la manière de se faire entendre et de peser sur les négociations politiques. La veille de la manifestation, un Comité de suivi du logement, instauré par l’accord tripartite de juin dernier, était en effet organisé. Celui-ci a pour mission de suivre l’évolution du marché du logement et des politiques mises en œuvre. Il doit aussi identifier les obstacles persistants et les pistes d’amélioration possibles, tout en formulant des propositions visant à compléter ou adapter les instruments existants.
«Un obstacle majeur à l’autonomie»
C’est dans cette optique que l’OGJ et ses partenaires appellent à se mobiliser massivement. Pour que la voix des jeunes ne soit pas oubliée dans ce débat. Le but est de créer un lien direct entre la mobilisation et les discussions du Comité. «Les revendications qui seront exprimées dans la rue doivent trouver leur place à la table des négociations», affirme l’OGJ.
Car les difficultés sont bien réelles et s’accumulent d’année en année. «Pour une part croissante de la jeunesse, accéder à un logement décent et abordable est devenu un obstacle majeur à l’autonomie et à la construction d’un avenir», rappelle l’OGJ. Face à des loyers et à des prix immobiliers particulièrement élevés au Luxembourg, nombre de jeunes ne peuvent accéder, alors même que certains travaillent, à un logement correspondant à leurs besoins.
Les échanges de vendredi ont permis aux différentes organisations de constater une large convergence de vues. Toutes sont convaincues de la nécessité d’une politique du logement plus ambitieuse, capable de répondre aux besoins réels de la population. «Le développement massif de logements publics et abordables, la lutte contre la spéculation immobilière et la nécessité de garantir un véritable droit au logement ont notamment été au centre des discussions», ajoute l’OGJ.
Pour le syndicat, il est essentiel que la voix des jeunes ne reste pas cantonnée aux manifestations et aux déclarations publiques, mais qu’elle soit entendue là où se discutent les politiques du logement. Elle espère donc que les jeunes, mais aussi le reste de la population, seront nombreux à venir manifester. Tous doivent se réunir autour d’un seul but : exiger une politique du logement qui soit enfin à la hauteur des enjeux.
Mais ce combat ne pourra aboutir que si l’action syndicale, les négociations et la mobilisation dans la rue se complètent. C’est pour cette raison que Nora Back et David Angel ont apporté leur soutien à l’OGJ et affirmé leur volonté de faire entendre ses préoccupations dans le cadre du Comité de suivi du logement. «La jeunesse doit pouvoir construire son avenir au Luxembourg. Le logement ne peut pas rester un privilège réservé à celles et ceux qui en ont les moyens.»