Des opérations amphibies en Bretagne, de grandes manœuvres dans l’est de la France avec blindés, aviation et troupes au sol. L’opération «Orion 26» a été lancée cette semaine chez nos voisins. Au total, près de 15 000 militaires participeront à l’exercice, dont des soldats luxembourgeois. L’armée française et ses partenaires souhaitent se confronter à toute la diversité du champ de bataille du XXIe siècle. Ainsi, ce vaste entraînement intègre des éléments cyber, espace, informationnel et électromagnétique.
Concernant le scénario, voici l’histoire : «En Europe, Mercure, un pays expansionniste, cherche à déstabiliser son voisin Arnland afin de maintenir son influence dans la région et d’empêcher l’adhésion de ce pays à l’Union européenne. Au cours de l’année 2025, Mercure a multiplié les actions hybrides et accru son soutien aux milices présentes sur le territoire d’Arnland. À la demande de cet allié, le 6 janvier 2026, la France prend la tête de la coalition Orion pour assurer sa défense et préserver l’équilibre européen.» Cela ne vous rappelle rien? Bon, pas besoin d’être un génie pour comprendre à qui s’adresse ces jeux de guerre. Les opérations se dérouleront en quatre phases jusqu’au mois d’avril et des actions seront même menées non loin de la frontière grand-ducale en Meurthe-et-Moselle.
Parmi les pays participants à ces opérations, il y aura bien sûr des pays européens, mais aussi des alliés du bout du monde : Australiens, Canadiens, Singapouriens, Brésiliens, Japonais. Les Américains seront là aussi. Espérons qu’ils transmettront un bon rapport à leur chef, Donald Trump, pour lui expliquer que les Européens savent aussi se défendre. Ça peut toujours servir pour la suite.
Blague à part, ce vaste exercice n’est pas anodin. Il s’agit des plus grandes manœuvres organisées par la France depuis la fin de la guerre froide. Ce n’est pas rien. Notre continent se prépare lentement mais sûrement à répondre, d’une façon ou d’une autre, à une agression venant de l’autre côté du nouveau rideau de fer. Ainsi avance notre histoire européenne. Il est désormais loin le temps où l’on imaginait un continent s’épanouissant dans la paix enfin libéré de ses vieux démons.