Un sommet de l’intelligence artificielle se tient actuellement à Paris. Le Premier ministre, Luc Frieden, et la ministre déléguée chargée des Médias et de la Connectivité, Elisabeth Margue, sont présents à ce grand évènement. Durant deux jours, les discussions porteront sur la gouvernance, la réglementation, la sécurité, l’accès à la technologie et les opportunités économiques pour une intelligence artificielle «responsable et éthique».
Le sujet est passionnant et annonce une nouvelle révolution numérique. Les dernières que nous ayons vécues ne nous ont pas forcément laissé que des bons souvenirs. Intrusion dans la vie privée, addiction causée par certaines plateformes sans que ces dernières ne réagissent vraiment, diffusion de contenus illégaux ou ultraviolents sans modération d’aucune sorte, utilisation d’applications dites légales pour commettre des méfaits ou des délits, entreprises devenues des structures tentaculaires et mondialisées faisant plier certains gouvernements concernant la législation autour de leurs produits… la liste est longue. Très longue. Et voilà maintenant que vient s’ajouter l’intelligence artificielle qui devrait bouleverser notre approche du travail et aussi changer nos vies quotidiennes. Il y a de quoi être inquiet.
À peine débutée, cette révolution a déjà dévoilé de nombreux abus. Il y a les fameux deepfakes qui transforment les visages des vidéos. Les escrocs les utilisent déjà pour tenter d’attirer les victimes avec des personnages connus dont les clips sont diffusés sur les réseaux sociaux. On y voit que du feu, d’autant plus que la fameuse IA recrée la voix de la notoriété utilisée pour appâter celui qui va se faire plumer. Et ce n’est que le début.
Les géants des nouvelles technologies sont évidemment à l’affût de ces nouveautés. Les génies de la Silicon Valley sont les spécialistes des contournements des lois locales quand il s’agit de vendre leur produit ou d’appliquer leur nouvelle vision du monde via leur application (livraison de repas, commerce en ligne…). Créer une intelligence artificielle «responsable et éthique» est louable. Encore faut-il qu’elle puisse exister à côté de celle des géants du numérique pour qui la fin justifie les moyens.