Le prétexte avancé par les États-Unis pour l’assaut contre l’Irak de Saddam Hussein en 2003 présente de troublantes similitudes avec celui présenté samedi pour justifier l’intervention contre le Venezuela de Nicolás Maduro. Ce parallélisme a été pointé dès le 9 décembre par Jon Stewart, animateur de The Daily Show, émission de satire politique mêlant humour, parodie et analyse de l’actualité – avec Donald Trump en «icône».
Dans l’édition concernée, Jon Stewart démonte, point par point, l’argumentaire des administrations Bush et Trump. L’Irak et le Venezuela? Deux États dirigés d’une «main de fer» par un «méchant dictateur barbu avec une épée brandie pour la galerie». Tous deux sont accusés d’héberger des «réseaux terroristes» et de disposer d’«armes de destruction massive» – des armes chimiques pour le premier, du fentanyl pour le second – présentées comme une «menace existentielle» pour les États-Unis.
On a rapidement compris en 2003 que l’Irak ne possédait pas d’armes chimiques. Il est avéré que le Venezuela ne produit pas de fentanyl. On est donc loin d’un «narco-État» avec un président qui se rendrait coupable de «narcoterrorisme». Deux faux prétextes, donc, au service d’un même objectif bien réel : l’emprise sur l’or noir.
Présent en Irak, certes, mais bien davantage encore au Venezuela, qui détient les plus importantes réserves de pétrole au monde – plus de 300 milliards de barils. Donald Trump ne cache guère ses intentions. Son «plan» : gérer les affaires à Caracas afin de permettre à ses compagnies pétrolières d’exploiter les gisements. Le tout en parfaite cohérence avec son slogan fétiche, «Drill, baby, drill!», une exploitation sans entraves des ressources fossiles, au mépris du droit international et du climat.
Tout cela n’excuse en rien les actes de Nicolás Maduro et de son régime oppresseur. Rien n’indique par contre que Delcy Rodriguez, présidente par intérim, soit disposée à jouer le jeu de Donald Trump, en dépit des menaces proférées contre elle. Le néo-va-t-en-guerre de Washington sera-t-il, in fine, contraint de déployer des troupes pour imposer sa loi? Une dernière analogie trompeuse entre l’Irak et le Venezuela est à citer : celle d’une «opération rapide et efficace». L’armée américaine n’a toujours pas quitté Bagdad…