La visite du Grand-Duc Guillaume, jeudi et vendredi, à Madrid a eu lieu dans un contexte tendu. Les relations bilatérales entre l’Espagne et le Luxembourg sont au beau fixe. Pas d’inquiétude de ce côté donc. Mais la visite s’est tenue deux jours après le clash entre le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et le président américain, Donald Trump. Jugeant que la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran est «illégale», le leader socialiste a refusé que les Américains utilisent deux bases militaires en Espagne pour attaquer la République islamique. Passablement irrité, le président américain avait menacé de cesser tout commerce avec l’Espagne.
Le Grand-Duc a échangé, jeudi, en tête à tête avec le Premier ministre espagnol. Il est peu probable que le bras de fer engagé avec Donald Trump ait été évoqué. Pedro Sánchez est toutefois revenu à la charge vendredi, en marge d’un sommet hispano-portugais. «Cette guerre en Iran est, à mes yeux et au sens de l’Espagne, une erreur extraordinaire que nous allons payer», a-t-il lancé. «Entre pays alliés, il est bon d’aider quand l’autre a raison, mais aussi de lui dire lorsqu’il (…) commet une erreur», a-t-il poursuivi. Des propos qui risquent de susciter une nouvelle fois l’ire du locataire de la Maison-Blanche.
Pedro Sánchez s’est en tout cas montré plus clair que son homologue luxembourgeois, Luc Frieden. Toute une série de questions se poseraient quant au respect du droit international, a avancé le Premier ministre devant la Chambre. Il a toutefois admis ne pas en connaître les réponses. Le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, avait été un brin plus clair en soulignant que la guerre n’est, au sens strict, pas conforme à la Charte de l’ONU.
Pour un petit pays comme le Luxembourg, le respect du droit international est crucial, martèle-t-il. Si la loi du plus fort redevient la norme, le Grand-Duché risque d’être écrasé. Dans cette optique, toutes les initiatives visant à renforcer les liens avec des alliés comme l’Espagne sont vitales. Le soutien du Grand-Duc constitue un atout dans cette entreprise. Mais le Luxembourg se doit aussi de prendre ses responsabilités en tant que membre fondateur de l’UE, de l’ONU et de l’OTAN.