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De Jassy à Mittal

Est-il temps de convoquer une tripartite nationale pour évoquer la situation de l’emploi au Luxembourg? Selon le député socialiste Mars Di Bartolomeo, la réponse est oui.

Il renvoie vers les pertes d’emplois dans la construction, dans le domaine des services et, désormais aussi, dans la sidérurgie. L’annonce par ArcelorMittal de l’étude d’une délocalisation de quelque 1 150 emplois basés au Grand-Duché a créé une onde de choc.

Le géant de la sidérurgie a rapidement cherché à calmer le jeu en soulignant qu’il s’agissait du périmètre de l’évaluation engagée en interne.

Selon la direction, il est probable que l’étude en vienne à la conclusion que les emplois existants doivent être en grande partie préservés. Une affirmation qui n’a pas le don de rassurer l’Union des syndicats OGBL-LCGB.

Les deux syndicats doivent aujourd’hui constater que leur revendication d’une tripartite sidérurgie, qui serait convoquée et présidée par le Premier ministre, Luc Frieden, est pour l’instant écartée.

Le Conseil de gouvernement, réuni vendredi, s’est contenté de confirmer le mandat accordé aux ministres du Travail et de l’Économie pour négocier un accord ancrant d’ici à 2030 la présence d’ArcelorMittal au Grand-Duché.

Les tractations traînent cependant depuis octobre 2025 et aucune fumée blanche n’est encore en vue. Un coup de pression supplémentaire émanant du camp politique attendra également.

Le chef du gouvernement a néanmoins confirmé avoir brièvement échangé en marge du Forum économique mondial de Davos avec le directeur général Aditya Mittal. Il affirme avoir plaidé pour l’absence de toute délocalisation et pour le maintien d’un niveau élevé d’investissements sur les sites luxembourgeois du géant de l’acier.

Suffisant pour éviter le pire? On se rappelle l’entrevue du Premier ministre avec Andy Jassy, le grand patron d’Amazon, quelques jours à peine avant l’annonce du licenciement de 370 personnes au Luxembourg.

En attendant, la situation se détériore sur le marché de l’emploi. Si les mauvaises nouvelles continuent à s’accumuler, le gouvernement n’aura plus d’autre choix que de réanimer cet instrument de crise.

Dans un premier temps, il sera essentiel que le ministre du Travail, Marc Spautz, réussisse à ramener les syndicats à une même table de négociation.

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