Le système de santé et plus largement le système de sécurité sociale luxembourgeois figurent depuis longtemps parmi les mieux cotés au monde. Le sénateur américain Bernie Sanders cite régulièrement le Grand-Duché comme exemple d’un pays où les soins de santé sont considérés comme un «droit humain», avec une couverture universelle qui fait toujours défaut aux États-Unis. Mais, depuis plusieurs mois, ce système ne se porte pas au mieux.
Il n’est certes pas question de glisser vers un système à l’américaine, mais l’Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD) force une ouverture accrue dans le secteur extrahospitalier. Les médecins libéraux réclament davantage d’autonomie, sans pour autant renoncer au conventionnement avec la CNS. Autrement dit, ils ne souhaitent pas se passer du pot alimenté par l’État, les assurés et les employeurs. Le différend majeur avec la ministre de la Santé, Martine Deprez, a été désamorcé provisoirement. Mais la température pourrait rapidement remonter si les travaux visant à offrir davantage de liberté aux médecins non hospitaliers n’avancent pas dans la direction souhaitée.
Ce bras de fer a-t-il joué un rôle dans l’affaire Wilmes? Le chirurgien continue de clamer que l’on cherche à le «détruire». Un lien existerait notamment avec le lancement de la «Findel Clinic», une structure proposant la location de cabinets entièrement équipés. Ce projet et ses méthodes de traitement novatrices dérangeraient une partie de la profession. Il devient urgent que des experts indépendants se penchent sur ce dossier. Car cette affaire ne peut que nuire à l’ensemble des acteurs impliqués : le médecin concerné, l’hôpital dans lequel il exerce, les patients, le Collège médical, l’AMMD et la ministre Deprez.
N’oublions pas que tout cela se passe dans un contexte financier tendu. Les déficits de l’assurance maladie continuent à se creuser : de 25,8 millions d’euros en 2024 à 118,6 millions d’euros pour 2025, avant d’augmenter à 209,3 millions d’euros en 2026. Gouvernement, syndicats, patronat et prestataires se sont engagés à s’accorder sur une cure de santé. Un traitement plus global sera nécessaire pour mettre fin au coup de fièvre qui touche un système reposant sur la confiance et la solidarité.