Le second tour des élections municipales françaises aura lieu ce dimanche. Histoire de boucler la boucle et de mettre encore un terme à la cacophonie ambiante de l’autre côté de la frontière. Le modèle luxembourgeois semble bien être l’exact opposé du modèle français pour ces élections. Aucun modèle n’est parfait évidemment, mais nous avons au moins la chance de pouvoir compter sur une quasi-obligation de négociation et de discussions entre les différents partis pour gérer une commune après le vote des électeurs. Évidemment, chaque parti, lors de la constitution d’une coalition, doit adapter son programme, gommer quelques initiatives qui ne plaisent pas à la partie adverse, discuter des possibles nominations pour les échevins… Cela fait partie du jeu et l’électeur est parfois interloqué en voyant des adversaires politiques devenir des partenaires pour gérer une commune. C’est vrai qu’il est parfois surprenant de découvrir des rivaux d’autrefois au conseil communal siégeant côte à côte au collège des bourgmestre et échevins. Adieu les violentes attaques lors des discussions sur le budget, oublier les cris lors de la présentation d’un projet immobilier qui ne convenait pas, au revoir les critiques acerbes sur le lancement d’une nouvelle initiative. C’est la magie du modèle grand-ducal : après des discussions, parfois longues, il y a presque toujours possibilité de trouver un terrain d’entente. On peut échanger, sacrifier quelques projets, pour obtenir une majorité et faire tourner une commune tout en respectant la tendance donnée par les électeurs. Dans la majeure partie des cas.
Chez nos voisins, en revanche, les fusions de listes provoquent bien souvent des cris d’orfraie. Les alliances de candidats venant des bords opposés de l’échiquier politique national sont purement et simplement inimaginables. Il y a dès maintenant une opposition et une future majorité bien décidées à ne pas céder le moindre pouce de leur programme. Des accords sont parfois scellés, mais ils sont rares, se font dans la douleur et surtout font les bandeaux des journaux locaux. Participer à une élection municipale en France, c’est comme partir à la conquête d’une ville. Quitte à diviser encore un peu plus les habitants.