Tout semble indiquer aujourd’hui que le gouvernement ne procédera pas à une hausse structurelle du salaire social minimum. L’exécutif se base sur une méthode de calcul – fortement contestée par les syndicats – pour doter le Luxembourg d’un revenu de base qui corresponde au seuil européen fixé à 60 % du salaire médian. La formule se veut très technique. Pour résumer : des éléments – 13e mois, suppléments et autres gratifications – qui seraient à prendre en compte pour définir la valeur de référence du revenu médian ne figureraient plus dans la solution arithmétique retenue par le ministère du Travail. L’ajustement bisannuel du salaire minimum et les deux tranches indiciaires à venir permettraient ainsi de se rapprocher du cap des 60 %. Toujours de trop pour le camp patronal, qui s’oppose farouchement à toute nouvelle hausse, et largement insuffisant pour le camp syndical.
Au sens strict du terme, la solution proposée par le gouvernement conservateur-libéral ne correspond-elle pas au compromis recherché par le ministre Marc Spautz? L’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) préfèrerait voir le salaire minimum ne pas augmenter. L’Union des syndicats revendique une hausse de 11 %, pour passer de 2 700 euros brut par mois à environ 3 000 euros. L’ajustement de 3,8 % et les deux prochaines tranches indiciaires de 2,5 % chacune équivaudraient à une revalorisation de 8,8 %. Le gouvernement se contenterait donc du minimum… syndical, grâce à un calcul que l’OGBL et le LCGB jugent biaisé. De son côté, l’UEL remet en cause l’ajustement bisannuel, quelques jours après l’appel à abolir le salaire minimum qualifié lancé par la Fédération des artisans.
Le ministre du Travail s’était formellement engagé à augmenter le salaire minimum pour le faire correspondre à 60 % du revenu médian. Les calculs effectués pour écarter une hausse structurelle posent pour le moins question. Avec le saut inflationniste qui s’annonce en raison de la guerre au Moyen-Orient, il n’est plus à exclure que deux index tombent d’ici à la fin décembre. Lors de la tripartite qui devra alors être convoquée, des acrobaties comptables ne seront plus suffisantes pour amortir le choc que commencent déjà à ressentir les ménages et les entreprises.