Les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne (UE) ont signé samedi au Paraguay un traité qualifié d’«historique», créant l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, malgré des inquiétudes au sein des deux blocs.
Opposants européens et sud-américains
Le président du Conseil européen, António Costa, a lui déclaré samedi à Asuncion que l’accord envoyait «un message de défense du libre-échange, fondé sur des règles, du multilatéralisme et du droit international comme base des relations entre pays et régions», ce qui contraste avec «l’instrumentalisation du commerce à des fins géopolitiques».
Pour ses partisans, l’accord UE-Mercosur permettra de relancer une économie européenne à la peine et de soigner les relations diplomatiques avec l’Amérique latine.
Pour ses détracteurs, il va bousculer l’agriculture européenne avec des produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.
Il s’est heurté à la résistance d’agriculteurs et d’éleveurs de certains pays européens, qui se sont mobilisés dans de fortes manifestations contre sa signature, en France, Pologne, Irlande ou Belgique.
Pour apaiser la colère du secteur, la Commission européenne a élaboré une série de clauses et de concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.
Un grand rassemblement d’agriculteurs est prévu mardi à Strasbourg, devant le siège du Parlement européen, qui doit encore voter sur ce traité dans les prochains mois.
Certains en Amérique du Sud sont également méfiants quant aux effets du traité, en particulier pour les entreprises industrielles locales.
En Argentine, l’impact sur l’industrie automobile pourrait se traduire par la perte de 200 000 emplois selon les estimations, rappelle Luciana Ghiotto, docteure en sciences sociales de l’université de Buenos Aires.