Les cours du pétrole étaient sans changement lundi, tandis que l’or et l’argent grimpaient, après l’enlèvement du président du Venezuela Nicolas Maduro samedi lors d’une opération militaire américaine et devant l’intention de Washington d’exploiter les gigantesques réserves pétrolières du pays.
Vers 12h45, le baril de WTI américain grappillait 0,54% à 57,63 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,43% à 61,01 dollars.
Après les bombardements aériens et la capture de Nicolas Maduro, le président américain Donald Trump a affirmé samedi qu’il autoriserait les compagnies pétrolières des Etats-Unis à exploiter les ressources pétrolières du Venezuela.
Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde, devant l’Arabie saoudite et l’Iran, mais la production du Venezuela est faible, estimée à environ 1 million de barils/jour (mbj) contre environ 3,5 mbj il y a 25 ans, soit aux alentours de 1% seulement de l’offre mondiale de pétrole brut sur un marché planétaire déjà très bien approvisionné.
Les majors américaines étaient en hausse dans les échanges d’avant-Bourse à New York, après que le président Donald Trump a évoqué des projets de relance de l’industrie vénézuélienne sous direction américaine.
Chevron, qui produit une partie du pétrole vénézuélien, bondissait de 6,18%, ExxonMobil prenait 3,53% et ConocoPhillips 5,19%.
Les indices boursiers restaient toutefois sans changement significatif. A la Bourse de New York, les contrats à terme des trois principaux indices présageaient d’une ouverture en hausse: vers 12h45, le Nasdaq avançait de 0,74%, le S&P 500 de 0,34% et le Dow Jones était stable (+0,07%).
En Europe, Londres avançait légèrement de 0,14%, Francfort s’octroyait 0,54%, Milan 0,44%, tandis que Paris oscillait autour de l’équilibre (+0,00%).
« Du point de vue des marchés mondiaux, il convient de rappeler que les chocs géopolitiques ont historiquement peu d’impact durable. Cela peut paraître surprenant, mais les marchés réagissent avant tout aux variables macroéconomiques – croissance et inflation – plutôt qu’aux événements géopolitiques en tant que tels », expliquent les économistes de Deutsche Bank.
« Cela ne signifie pas que la géopolitique ne peut pas avoir d’effet durable sur les marchés, mais lorsqu’elle en a eu, c’est parce qu’elle affectait directement des variables macroéconomiques clés. Parmi les exemples notables figurent les chocs de stagflation consécutifs aux crises pétrolières des années 1970, la guerre du Golfe en 1990 ou encore l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 », poursuivent-ils.
« Dans chacun de ces cas, l’impact a été majeur car le choc pétrolier a entraîné une hausse durable de l’inflation, tout en pesant significativement sur la croissance en dehors des zones directement touchées. À ce stade, nous n’observons pas de tels effets », concluent les économistes.
La montée des tensions géopolitiques fait grimper l’or et l’argent « dans un mouvement classique de recherche de protection face à l’incertitude », rappelle John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.
L’or progressait vers 12h45 de 1,90% à 4.415 dollars l’once (31,1 g) et l’argent de 2,99% à 74,99 dollars l’once.
Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts américains à dix ans était de 4,17%, contre 4,19% à la clôture vendredi. Son équivalent allemand, référence en Europe, était à 3,59%, après 3,61% précédemment.
Le secteur de la défense en hausse
Si la réaction des marchés actions, obligataires et des matières premières à l’intervention militaire américaine au Venezuela est jusqu’ici limitée, « cette démonstration de force renforcera toutefois, dans de nombreux pays, la perception de la nécessité d’accroître les dépenses de sécurité nationale », ont souligné les responsables des investissements du Franklin Templeton Institute.
Parmi les valeurs de la défense de la cote européenne, Hensoldt bondissait de 7,79%, Renk de 7,15%, Saab de 7,07%, Leonardo était en forte hausse de 6,36%, BAE Systems gagnait 5,46%, Thales 5,02%, Dassault Aviation 4,64%.