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Le pétrole avance légèrement, les tensions géopolitiques dans le viseur


(Photo : AFP)

Les prix du pétrole ont clôturé en petite hausse lundi, sur fond de tensions géopolitiques persistantes, le marché surveillant dans le même temps le passage de plusieurs navires dans le détroit d’Ormuz.

«Les opérateurs attendent de voir si la situation va s’aggraver» au Moyen-Orient, résume John Kilduff, d’Again Capital. Iraniens et Américains ont rejeté presque simultanément lundi des offres de trêve, Donald Trump saluant toutefois une étape «très significative» dans le conflit.

La Maison-Blanche a confirmé que des pays médiateurs avaient proposé un arrêt des combats de 45 jours, en ajoutant que le président américain n’avait pas «validé» cette idée. «Ce n’est pas encore assez bien, mais c’est une étape très significative», a dit le président américain lui-même pendant un échange avec des journalistes.

En face, l’agence de presse iranienne Irna a affirmé que Téhéran avait rejeté une proposition de trêve avec les États-Unis et Israël, portée par les efforts de médiation du Pakistan.

Dans ce contexte, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, contrat de référence, a pris 0,68 % à 109,77 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, a avancé de 0,78 % à 112,41 dollars.

Les opérateurs «surveillent aussi évidemment de très près le détroit d’Ormuz», de facto bloqué par l’Iran, où «la circulation semble avoir augmenté», ajoute John Kilduff.

Un troisième bâtiment appartenant à un armateur turc, un pétrolier à destination de la Malaisie, a franchi ce passage stratégique dimanche soir, a annoncé le ministre turc des Transports, après de précédents trajets le 13 mars et samedi dernier.

Lundi, une compagnie maritime japonaise a aussi déclaré qu’un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait traversé le détroit, faisant route vers l’Inde. Un cinquième du pétrole mondial transite habituellement par ce goulot d’étranglement. Le trafic y a chuté d’environ 95 % depuis le début du conflit, selon la plateforme de suivi maritime Kpler.

Pour John Kilduff, les prix de l’or noir pourraient «baisser assez rapidement de 10 à 15 dollars» si le détroit d’Ormuz venait à rouvrir. Mais même dans ce cas de figure, «les marchés pétroliers resteraient en situation de pénurie», préviennent les analystes d’Eurasia Group.

Ils estiment qu’environ un tiers des raffineries de pétrole de la région du Golfe ont été endommagées par des frappes aériennes depuis le début du conflit, le 28 février.

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