Le ministre de l’Économie a présenté ce mercredi le bilan de l’appel d’offres pour soutenir la décarbonation de l’industrie manufacturière au Luxembourg.
La décarbonation est l’un des grands défis de l’industrie. Pour accompagner le secteur dans cette transition, le Grand-Duché a lancé un appel à projets afin de favoriser l’électrification des procédés de production et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Au terme de la campagne, six projets ont finalement été retenus et présentés mercredi par le ministre de l’Économie, des PME, de l’Énergie et du Tourisme, Lex Delles. «Décarboner notre industrie, c’est lui donner les moyens de rester compétitive, de moderniser ses procédés et de renforcer sa résilience dans un contexte de transition énergétique, climatique et technologique accélérée, a-t-il tenu à rappeler. En soutenant ces investissements, nous agissons à la fois pour le climat, pour la compétitivité de notre économie et pour l’ancrage industriel du Luxembourg.
Ouverte du 22 août 2025 au 31 octobre 2025, l’initiative s’adressait aux entreprises établies au Luxembourg et actives dans le secteur de l’industrie manufacturière. Les projets éligibles devaient permettre une réduction d’au moins 40 % des émissions directes de gaz à effet de serre, par rapport aux années de référence 2020 à 2024. Le budget total alloué à cette mesure s’élevait à 132,25 millions d’euros, sous forme de subventions destinées à couvrir le déficit de financement des projets sur une période de dix ans.
Une réduction de 271 107 tonnes de CO₂
Au total, les futurs projets devraient permettre de réduire les émissions directes de gaz à effet de serre de 271 107 tonnes de CO₂ sur une période de dix ans, soit l’équivalent de 150 000 à 200 000 vols en avion de Luxembourg à Paris. Le montant total des subsides s’élève à 102 217 515 euros, ce qui correspond à un coût moyen de 377 euros par tonne de CO₂ évitée.
Parmi les projets retenus, celui d’ArcelorMittal, à Bissen et Bettembourg, projette d’alimenter un processus de galvanisation à l’électricité plutôt qu’au gaz naturel. Chez Amer-Sil, fabricant de séparateurs microporeux polymère et silice de haute qualité pour batteries industrielles, la vapeur nécessaire au procédé sera désormais produite grâce à une chaudière hybride électrique/gaz. Avery Dennison, producteur d’étiquettes et de matériaux d’emballage, investira dans l’électrification partielle du séchage d’une ligne d’enduction silicone et adhésif actuellement alimentée au gaz. Chez Goodyear, où deux projets ont été retenus à Colmar-Berg et à Dudelange, une partie de la production de vapeur de process nécessaire à la fabrication de pneumatiques sera assurée par des boilers électriques. Enfin chez Tarkett GDL, une partie de la chaleur utilisée pour la fabrication de revêtements de sol en matières plastiques sera également produite par un boiler électrique.
Les entreprises retenues disposent d’un délai maximal de trois ans pour mettre en œuvre leurs projets, sous peine de voir leur soutien réduit. Le gouvernement entend également accompagner l’ensemble des entreprises, y compris les PME, dans cette transition. Deux autres appels à projets sont en cours pour soutenir l’installation de panneaux photovoltaïques ainsi que de bornes de recharge.