Avec Timelord, figure phare de l’électronique luxembourgeoise, la musique et l'image battent à la même fréquence. Avec 4RENT, son second album, il construit sa propre ville sonore et visuelle.
Cyberpunk mental
Le cyberpunk, ce n'est pas juste un style nocturne composé de néons, de pluie et d'écrans et, tant qu'à faire, rythmé par des nappes de synthétiseurs hypnotiques et mélancoliques de Vangelis – le cocktail Blade Runner (Ridley Scott, 1982). C'est plutôt de la haute technologie dans un décor urbain dégradé et des réseaux qui promettent la connexion en produisant l'aliénation. Une beauté électrique née de la ruine. Le cyberpunk met en scène l'après-futur : l'avenir est usé, trop surchargé – le corps, la machine et la ville se contaminent mutuellement. Chez Timelord, le cyberpunk, c'est un moyen de faire sentir la modernité sur le plan sensoriel. Si l'intéressé parle de «digital rebellion», il s'agit d'une identité fracturée, de tonalités mineures dans une brume et de basses distordues qui grondent et grondent sous la surface.
En 2022, quand il participe au projet «The Sound of Data» en transformant des données issues d'une collection d'art participatif en composition, Timelord pose cette question : peut-on discerner de l'ordre dans le chaos? Comment un monde débordant à fond de pixels et de contributions dispersées peut-il produire une forme? Voilà une obsession propre au cyberpunk : l'émergence de motifs à partir d'un bruit massif, soit la recherche d'une sensibilité dans un monde saturé de données. Avec Timelord, la noirceur n'est pas purement machinique. Ses premiers travaux, notamment Field Recordings ...
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