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[Musique] Mika : «Comme rien n’est garanti, j’y suis allé avec une liberté brûlante»


Photo : afp

Avant son concert prévu dans un mois à la Rockhal, Mika revient avec Hyperlove, un album chanté en anglais et construit façon «opéra électronique». Entretien. 

Mika revient à l’anglais vendredi avec Hyperlove, manège des émotions fidèle à l’univers fantasque de ce chanteur pop américano-libanais, chouchou notamment du public français depuis Relax (Take It Easy) et président d’honneur des prochaines Victoires de la musique. Voilà déjà sept ans qu’il n’avait pas sorti d’album dans la langue de Shakespeare – son dernier opus, en 2023 (Que ta tête fleurisse toujours), se déclinait uniquement en français et rendait hommage à sa mère décédée d’un cancer. À 42 ans, l’auteur-compositeur-interprète livre un nouveau projet à son image, coloré mais «pas du tout lisse», entre notes de piano et synthétiseurs analogiques, a-t-il confié lors d’une rencontre à Paris, avant une tournée européenne dès février.

Vous avez été choisi comme président d’honneur des Victoires de la musique, le 13 février. Un symbole supplémentaire de votre histoire d’amour avec les Français?

Mika : La seule maison que j’ai, c’est ma musique, c’est la scène. Dans cette maison qui voyage, je retrouve une sorte d’universalité qui n’est pas limitée par des frontières ou par des langues différentes. Et le fait que moi, en tant qu’étranger, avec ce lien tellement fort que j’ai avec la France, ils m’aient choisi de cette manière-là, ça m’a étonné. Et ça m’a touché énormément.

Comment s’est noué ce lien, intact depuis 2007 et l’album Life in Cartoon Motion?

J’ai l’impression que dans ma conversation avec la France, j’ai eu le temps du questionnement, de l’expérimentation : aller faire des concerts avec un orchestre de chambre, chanter un petit peu en français, revenir à l’anglais, faire de l’électronique, de l’acoustique. J’ai même eu le temps de faire de la télé (NDLR : comme ex-coach de The Voice sur TF1) sans qu’elle me définisse non plus. En Angleterre, ils ne m’ont pas donné ce temps, au début. Il m’a été accordé d’une manière beaucoup plus généreuse et constante en France. Et j’en suis reconnaissant.

Je me permets de rêver comme si c’était mon premier album

Dans quel état d’esprit avez-vous conçu Hyperlove?

Je suis un énorme fan de Hunter S. Thompson (NDLR : journaliste américain qui a popularisé le style gonzo et écrit Las Vegas Parano en 1971). Ce disque, c’est comme si un album pop était sorti d’un fantasme de Hunter S. Thompson. Je me secoue, je me mets à l’envers, j’écris un album qui est comme une sorte d’opéra électronique. Comme rien n’est garanti aujourd’hui, ce qui va marcher, ce qui va passer à la radio, ce qui va être playlisté ou pas, je suis libre. Et j’y vais avec une liberté brûlante. Je me permets de rêver d’une manière aussi intimiste que fantaisiste et grandiose, comme si c’était mon premier album.

Vous oscillez entre pop électronique et sons analogiques, pour aborder des thématiques profondes…

L’homme, la machine, le cœur, l’âme. C’était un voyage assez personnel. Je me suis dit : « OK, si j’écris tout un album qui part d’un thème aussi grand, peut-être que pour moi aussi, c’est un questionnement. C’est quoi l’amour? Est-ce que j’ai de l’amour dans ma vie aujourd’hui? Sous quelle forme? » Ça part alors dans l’électronique, dans les larmes, la joie, l’euphorie, mais aussi le psychédélisme, le sexe… Et bam, la dernière chanson, qui est Immortal Love (NDLR : clin d’œil à sa chienne), parle de l’éternité de l’âme et de cette charge électrique qui désassocie l’amour d’avec le corps.

Le piano est omniprésent. Quel lien entretenez-vous avec lui?

C’est ma plume. C’est mon stylo. Je ne suis pas un pianiste démonstratif, je ne suis pas extrêmement technique. Ce qui est drôle, parce que j’écoute de la musique très compliquée, du jazz jusqu’à du Rachmaninov ou du Poulenc. Mais pour moi, le piano, c’est un truc très intime. Sans lui, je ne peux pas écrire.

Hyperlove, de Mika.
Sortie ce vendredi.

Il sera en concert à
la Rockhal le 25 février.

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