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[Exposition] Martin Parr, espiègle jusqu’au bout


Photo : martin parr/magnum

Première exposition posthume à Paris du célèbre photographe anglais qui garde tout son mordant en alertant sur les dérives capitalistes.

La dernière grande exposition préparée par le photographe britannique Martin Parr avant sa mort fin 2025 s’est ouverte à Paris, explorant le message politique souvent négligé de sa carrière longue de cinq décennies.

Martin Parr est décédé le 6 décembre à l’âge de 73 ans, après avoir passé sa vie à documenter la Grande-Bretagne et le monde avec un regard à la fois espiègle et sans concession qui captait l’absurdité du quotidien. Avant d’être emporté par un cancer, il a supervisé jusqu’au bout la préparation de «Global Warning», l’exposition qui se tient au musée du Jeu de Paume jusqu’au 24 mai.

«Il était très investi et enthousiaste», se souvient Louis Little, de la Martin Parr Foundation. «Il a toujours dit que la politique était présente dans son travail, déguisée en divertissement, mais qu’il revenait au spectateur d’en extraire le sens», a-t-il précisé. «Global Warning», titre en clin d’œil au réchauffement climatique, est divisé en cinq sections couvrant les centres d’intérêt du photographe : les loisirs, la consommation, le tourisme, les animaux et la technologie.

Regard ironique

Les 180 photographies présentées illustrent le sens de l’humour ironique avec lequel Martin Parr saisissait sur le vif ses compatriotes, des plages de Brighton aux garden-parties chapeautées, et les habitants des nombreux pays qu’il a visités. «Ce sont des thèmes qui peuvent sembler légers, mais qui dissèquent notre monde occidental et ses dysfonctionnements», explique le conservateur, Quentin Bajac. Martin Parr «tenait à ne pas apparaître comme un lanceur d’alerte, ni comme un photographe activiste», précise-t-il. «Mais en même temps, il était satisfait que nous puissions adopter une lecture plus préoccupée, légèrement plus anxieuse, de ses images.»

Le Britannique avertissait ainsi depuis des années que les humains étaient «en route vers la catastrophe», selon Quentin Bajac. «C’est affligeant. On est tous trop riches et on consomme beaucoup trop de choses», avait regretté Martin Parr en novembre à l’occasion de la sortie de son autobiographie Complètement paresseux et étourdi (Michel Lafon).

Le photographe a mis du temps à obtenir une reconnaissance publique et professionnelle. Après avoir intégré de justesse l’agence Magnum dans les années 1990, il a souvent eu le sentiment que son travail et la photo en général étaient méprisés en Grande-Bretagne. De ce fait, la vague d’hommages rendus après son décès «aurait pu le surprendre», estime Quentin Bajac.

«Global Warning» Jusqu’au 24 mai. Musée du Jeu de Paume – Paris.

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