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[Exposition] L’Allemagne à l’honneur à la galerie Zidoun-Bossuyt


Peinture, sculpture, installation, design, architecture, cinéma, musique... l'exposition collective "Wie bin ich nicht unglüklich" devrait surprendre !

La galerie Zidoun-Bossuyt a inauguré jeudi une exposition sous la direction de l’Allemand Thomas Zitzwitz. Une belle proposition poétique et politique.

C’est une proposition étonnante que fait la galerie Zidoun-Bossuyt au cœur de Luxembourg, en invitant un artiste à devenir commissaire de son exposition «Wie bin ich nicht unglücklich». Ce sont donc six artistes allemands de différentes générations que Thomas Zitzwitz a réunis pour donner à voir le monde sous un angle différent, celui du temps suspendu et de la poésie. Une très belle exposition qui aurait eu toute sa place dans une institution muséale.

Pour sa première exposition de l’année 2017, la galerie Zidoun-Bossuyt a choisi de changer les codes et les règles classiques des galeries d’art en invitant un artiste à devenir commissaire d’exposition et en lui offrant son enceinte. C’est à l’artiste allemand Thomas Zitzwitz qu’a incombé cette lourde tâche. «Lorsque la galerie m’a contacté pour ce projet, la seule contrainte qu’elle m’a imposée était de réunir des artistes uniquement allemands, ce qui n’a pas été forcément facile pour moi», raconte l’artiste.

Afin de construire cette exposition, il est allé puiser son inspiration à la même source que celle pour réaliser son art : dans les livres. Et c’est à Goethe qu’il a emprunté la phrase qui donne le titre à l’exposition : «Wie bin ich nicht ungücklich», dans son livre Les Affinités électives. «J’aime beaucoup la poésie de Goethe, cette phrase peut se traduire par : « combien je ne suis pas malheureux », soit « combien je suis heureux », mais la double négation apporte cette nuance qui fait de ses textes une véritable poésie», ajoute l’artiste.

C’est ainsi qu’il a réuni autour de lui six artistes allemands qui transforment le quotidien en petits moments de poésie, eux aussi, que ce soit en jouant des perspectives, des points de vue, mais aussi avec l’histoire, celle d’hier et celle qui reste encore à écrire.

Tout commence avec une magnifique installation d’Alicja Kwade, Time Zones. Comme une pièce d’orfèvre descendant du plafond, elle remet en scène les fuseaux horaires qui définissent notre conception du temps à travers le monde. Au-delà de ces étranges cercles aux formes parfois étonnantes, elle nous révèle ce que l’on ne perçoit pas toujours, que ces fuseaux horaires ne sont pas linéaires, mais, à l’instar des pays, sont construits par l’homme et son histoire politique. Dans un cadre, elle a installé toutes ces aiguilles reprenant chaque heure du mois de janvier 2017, représentant cette obsession que l’homme entretient avec le temps.

Révéler la poésie du monde

En face d’elle, le plus âgé de la bande, Marcel Odenbach, présente un de ses collages, Nach einer stürmischen Nacht, qui pourrait être un simple arbre, brisé par la tempête. Un arbre dessiné avec des archives de l’artiste reprenant les heures les plus sombres de l’histoire. Une vidéo du même artiste présente un portrait étonnant du collectionneur d’art Peter Ludwig et à travers lui celui de l’histoire complexe de l’Allemagne.

C’est au design et à l’architecture qu’Isa Melsheimer fait la part belle, en reprenant de grands courants comme le postmodernisme ou le brutalisme et en les transformant en objet de décoration en céramique ou en dessins fantasmagoriques.

Depuis l’entrée dans la galerie, on ne peut retirer nos yeux de cette immense sculpture aux couleurs acidulées suspendue au plafond de la seconde salle. C’est l’œuvre de Berta Fischer, composée de différents plexiglas entremêlés. «Elle joue beaucoup avec les surfaces et les formes, modifiant totalement la matière pour la transformer en œuvre d’art. Elle change également tout l’espace dans lequel se trouvent ses sculptures», explique le commissaire d’exposition.

C’est le cinéma et la musique que Gregor Hildebrandt immortalise en réalisant ses toiles à partir des bandes magnétiques des cassettes audio et vidéo. Cette réutilisation est une forme d’interrogation du support, mais aussi l’œuvre elle-même qu’elle soit cinématographique ou musicale. C’est aussi au support que s’intéresse Thomas Zitzwitz en tant qu’artiste. À travers ses toiles il perturbe notre regard, jouant à la fois avec les illusions d’optique, les références d’histoire de l’art ou tout simplement les structures de ses toiles. La légèreté de la feuille de papier froissée revêt toute sa complexité en y regardant de plus près, un peu à l’image du monde dans lequel nous vivons.

Mylène Carrière

www.zidoun-bossuyt.com

Jusqu’au 11 mars

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