Une rare rétrospective du peintre français vient d’ouvrir à Vienne. Elle rassemble plus de 100 œuvres ayant rarement quitté la France, dont L’Origine du monde.
Le célèbre tableau L’Origine du monde de Gustave Courbet a quitté exceptionnellement la France dans le cadre d’une rétrospective ambitieuse de l’œuvre du peintre réaliste, montée par le musée Leopold de Vienne, en Autriche. «C’est la quatrième fois seulement que l’œuvre est autorisée» à voyager à l’étranger, a déclaré le directeur artistique du Leopold, Hans-Peter Wipplinger.
Ce nu de Courbet (1819-1877) montrant la vulve et la poitrine d’une femme, réalisé en 1866 et exposé au musée d’Orsay à Paris, avait d’abord appartenu à Khalil-Bey, un diplomate ottoman en poste à Paris puis à Vienne, entre 1870 et 1872. Il est resté un temps dans des collections privées austro-hongroises à Budapest, où il a passé la Seconde Guerre mondiale et n’a été exposé au public que très tardivement. Il est au cœur de cette exposition, où il fait face au Sommeil, conservé lui au Petit Palais à Paris, peint la même année, vendu avec lui à Bey et qui représente un couple lesbien enlacé après une relation sexuelle.
La rétrospective compte parmi les plus importantes jamais consacrées à cet artiste majeur ayant bousculé les conventions. Elle réunit 128 pièces, dont des dessins. «Nous montrons pour la première fois les quatre dernières années de Courbet, qu’il a passées en Suisse», a précisé Hans-Peter Wipplinger.
Beaucoup d’œuvres ont quitté pour la première fois les pays où elles sont conservées, permettant de rassembler dans un même lieu des motifs très divers, qu’il s’agisse de portraits, de paysages ou de natures mortes. Le Leopold, qui possède lui-même deux toiles de Courbet, fait aussi dialoguer sa peinture avec celle de l’artiste contemporain franco-chinois Yan Pei-Ming, qui se revendique de son héritage. L’exposition dure jusqu’au 27 juin.