C’est l’une des franchises d’horreur les plus lucratives de l’histoire du cinéma : le 7e opus de Scream, en salles mercredi, se veut un retour aux sources pour la saga culte qui a revitalisé un genre en perte de vitesse au milieu des années 1990.
Kevin Williamson, le créateur et scénariste de la saga Scream, passe cette fois-ci derrière la caméra pour ce nouvel opus qui marque le retour de Neve Campbell, l’interprète de Sidney Prescott, personnage mythique qui avait disparu du sixième film. Voici cinq choses à savoir sur Scream 7.
Révolutionner le «slasher»
Quand le tout premier Scream sort en 1996, il y a tout juste 30 ans, le film d’horreur a quasiment disparu des grands écrans. La vague du «slasher», sous-genre né dans les années 1970-1980 et incarné notamment par Halloween ou Friday the 13th, est passée. À l’époque, «j’essayais juste d’écrire un scénario pour me faire remarquer par Hollywood», s’est souvenu Kevin Williamson.
Inspiré par la véritable histoire de Danny Rolling, un tueur en série qui le temps d’un été terrorisa une petite ville de Floride en assassinant cinq étudiants, Kevin Williamson se lance dans l’écriture de Scream. Le scénario atterrit entre les mains du pape du cinéma d’horreur Wes Craven (The Hills Have Eyes, A Nightmare on Elm Street, The Last House on the Left…) qui accepte de réaliser le film. Face au succès, il tournera les trois opus suivants avant de décéder en 2015.
Une œuvre culte
Scream répond à tous les codes du «slasher» : il met en scène un tueur psychopathe, Ghostface, qui assassine avec une brutalité extrême un groupe de jeunes les uns après les autres. Mais, plutôt que de s’y conformer, le film joue avec les règles du genre, les détourne et utilise des ressorts comiques, sans toutefois laisser de côté la terreur pure. La scène du premier Scream avec Drew Barrymore, plus grosse star du film tuée au bout de 12 minutes, est considérée comme l’une des meilleures ouvertures de l’histoire du cinéma d’horreur.
Retour aux origines
Après la mort de Wes Craven, «j’avais plus ou moins dit au revoir à la franchise», se rappelle Kevin Williamson, scénariste des premiers films de la saga. Des quatre premiers films, seul Scream 3 (2000) n’est pas signé de sa main, Williamson étant à l’époque engagé sur d’autres projets, dont son premier long métrage, Teaching Mrs. Tingle (1999). Il endosse finalement un rôle de producteur exécutif pour les cinquième et sixième opus qui sortent respectivement en 2022 et 2023, soit plus de dix ans après Scream 4 (2011), qui fut un échec commercial.
Pour Scream 7, Williamson accepte de réaliser pour la première fois, car «Neve Campbell me l’a demandé», assure-t-il. L’interprète de Sidney Prescott, icône de la saga, fait son retour après avoir disparu de Scream 6, qu’elle avait décliné car elle n’était «pas alignée» avec le salaire proposé à l’époque. L’offre «aurait été plus élevée si j’avais été un acteur homme», a-t-elle relevé récemment à Quotidien, talk-show de la chaîne française TMC. Personnage central de l’univers Scream, Sidney Prescott est cette fois-ci devenue mère. «On a voulu raconter une histoire à propos d’une mère et sa fille, comment elles sont éloignées, puis comment elles se connectent et combattent Ghostface», explique Kevin Williamson.
Polémique autour de Gaza
Après la mort de Wes Craven, les réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett avaient introduit de nouveaux personnages dans Scream 5 et Scream 6. Sam, jouée par Melissa Barrera, et sa sœur Tara, incarnée par la star de la série Wednesday, Jenna Ortega, étaient les têtes d’affiche. Mais Melissa Barrera a été écartée par la société de production Spyglass en novembre 2023 après avoir posté un message dénonçant un «nettoyage ethnique» à Gaza sur les réseaux sociaux. Jenna Ortega décidera de suivre sa collègue par solidarité, refusant de rempiler pour ce nouveau chapitre.
Une saga lucrative
La saga Scream a engrangé 910 millions de dollars au box-office mondial depuis sa création en 1996. Cela place cette franchise parmi les plus lucratives du genre, derrière The Conjuring (2,7 milliards de dollars de recettes), Saw (1,2 milliard de dollars) ou l’adaptation du roman de Stephen King It (1,2 milliard de dollars).