Déjà plus gros succès de son studio et film qui, après deux échecs, doit le consacrer aux Oscars, Marty Supreme arrive en salles porté par la conviction de son acteur-producteur qui, comme son personnage, croit résolument en sa réussite.
Après une promotion américaine XXL en fin d’année dernière, Timothée Chalamet continue à parler du film Marty Supreme, qui sort ce mercredi, défendant un discours performatif et de confiance en soi absolue, à l’image du personnage qu’il incarne dans le film. «Crois en toi, rêve en grand!», a lancé l’acteur franco-américain de 30 ans lors d’une interview sur TF1, invitant à ignorer «ce que les gens pensent de toi». Dès leur première rencontre, Josh Safdie, le réalisateur de Marty Supreme, a été conquis par le jeune homme pour incarner Marty Mauser, un joueur de ping-pong dévoré par ses rêves de grandeur.
Le cinéaste américain perçoit alors «une énergie différente». «Il ne tenait pas en place», se remémore-t-il lors d’un entretien avec la presse. «Il était vraiment intense». «Il avait cette idée de lui-même, il était Timmy Supreme!», poursuit Josh Safdie, admiratif de sa confiance absolue et de sa fusion avec le personnage. Lors de la promotion, Timothée Chalamet a endossé un rôle de promoteur et d’influenceur comme jamais vu à Hollywood. «J’ai mon côté américain, sans honte, pas complexé par mon ambition», a-t-il assuré récemment sur France Inter.
Oscar dans le viseur
L’acteur a notamment fait d’une veste rétro siglée «Marty Supreme», un accessoire mode qui s’arrache, notamment à Paris à l’occasion de l’ouverture d’une boutique éphémère. Vendue 300 euros, elle se revend désormais en ligne entre 1 000 et 2 000 euros. Timothée Chalamet, également producteur du film, assume aussi cette ambition décomplexée dans sa quête de l’Oscar, en mars prochain. Le film a engrangé en effet sept nominations, dont celle pour le meilleur acteur. À seulement 30 ans, ce sera pour lui la troisième après Call Me by Your Name (2018) et son incarnation de Bob Dylan dans A Complete Unknown en 2025.
Le film, librement inspiré de la vie de Marty Reisman, un champion de tennis de table américain des années 1950, raconte l’ambition d’un homme convaincu de pouvoir atteindre la gloire et la richesse grâce à ce sport, méconnu aux États-Unis. «Il a un but, un rêve. Il est au service de cette chose, de faire du ping-pong un sport majeur. C’est ce qui le rend génial», explique Josh Safdie. Quitte à parfois prendre des voies sans issue. Et quitte aussi à énerver les spectateurs, certains se disant agacés par ce personnage à l’ego surdimensionné, baratineur et tête à claques.
Parties interminables
«Filmer un sport qui n’a jamais vraiment été porté à l’écran» a représenté un défi de taille, confie le cinéaste, qui réalisait jusqu’ici ses films avec son frère Benny, lui aussi parti mener une carrière en solo, notamment avec The Smashing Machine, sorti en octobre, sur une star de MMA. Timothée Chalamet «s’est impliqué très tôt» dans le film, rembobine-t-il, «avant même l’existence du scénario» il y a six ans. «Il a aidé à développer le projet dans nos rendez-vous avec les studios», ajoute le réalisateur, qui l’a régulièrement consulté tout au long de l’écriture du long métrage, vantant alors «un collaborateur, bien plus qu’un simple acteur».
La superstar de Dune est «très drôle et très physique à la fois». «C’est un danseur!», souligne-t-il. Le comédien s’est sérieusement entraîné au ping-pong pour le rôle et les scènes de matches atteignent des sommets de tension et d’intensité inattendus pour un tel sport. «Cela a impliqué beaucoup de chorégraphie», explique le réalisateur, qui confesse avoir eu quelques sueurs froides en préparant le tournage. Il a aussi avalé des heures de vidéos de parties des années 1940 à 1970, décortiquant chacun des points qui l’intéressaient. Ensuite, se souvient-il, «on jouait ces points» lors de prises interminables, avec ou sans la balle, répétant une chorégraphie qui se jouait «à la microseconde».
Marty Supreme, de Josh Safdie.