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[Cinéma] Les Magritte deviennent… les René


La nouvelle appellation sera inaugurée à l'occasion de la prochaine cérémonie, le 7 mars, à l'occasion de ses 15 ans. (Photo : afp)

Privées des droits qui les liaient au célèbre peintre, les récompenses du cinéma belge francophone changent de nom.

Les organisateurs des Magritte, la grande fête annuelle de récompenses du cinéma belge francophone, ont annoncé mardi que l’événement était désormais rebaptisé «les René du cinéma», après une rupture de contrat avec les ayants droit du célèbre peintre belge. La nouvelle appellation sera inaugurée à l’occasion de la prochaine cérémonie, le 7 mars, qui marquera les quinze ans de ce qui est l’équivalent belge des César français.

L’événement, qui attribue chaque année une vingtaine de prix, est organisé par l’Académie André-Delvaux, à la tête de laquelle une nouvelle équipe s’est installée, affirmant vouloir renouveler le style pour «aller chercher le public», qui sera notamment impliqué dans de nouveaux prix, dont celui de la meilleure série – une première. Jean-Yves Roubin, le nouveau président de l’Académie, a aussi rappelé que la Fondation Magritte, gérant les droits liés à l’œuvre du peintre René Magritte (1898-1967), avait souhaité l’an dernier ne plus être associée à cette fête du cinéma.

«Malaise» à la Fondation Magritte

«Il y a eu une rupture contractuelle l’été dernier avec le nom Magritte», a ajouté ce producteur de cinéma, pour qui le prénom René est aussi une manière de faire vivre «la belgitude». «Avec René, on est dans le tutoiement, la proximité.» La Fondation Magritte, fondée à Bruxelles en 1998 à l’initiative de Charly Herscovici, ne s’est pas exprimée publiquement sur le sujet, mais des médias belges avaient fait état d’un «malaise» en son sein après la cérémonie de février 2025.

Celle-ci, un mois après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, avait été marquée par des prises de position politiques autour du thème de la montée de l’extrême droite dans le monde, associée à «un recul alarmant des droits humains», selon un collectif d’artistes intervenu sur scène. Le gouvernement belge dirigé par le conservateur flamand Bart De Wever avait également été pris pour cible, a qui l’on avait reproché d’«imposer des milliards d’euros de coupes drastiques dans la santé, l’enseignement et la culture», et d’envisager «une politique migratoire inhumaine».

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