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[Cinéma] «Les Légendaires» continuent de construire leur mythe


En vingt ans d'existence, près de 11 millions d'exemplaires des 90 tomes écrits autour de l'univers des «Légendaires» se sont écoulés. (Photo : pan distribution)

Après la série, le jeu de société et les romans, l’univers des Légendaires, saga de BD ultrapopulaire en France et star des cours d’école, tente sa chance au cinéma. Découverte.

C’est l’une des sagas les plus populaires de la BD française : Les Légendaires, adaptée en film d’animation, sort ce mercredi en salles avec l’ambition de séduire un public international sans trahir l’œuvre de son créateur, Patrick Sobral, premier surpris de son succès phénoménal. Voici cinq choses à savoir sur ce «blockbuster d’animation français», comme le présente son distributeur.

Phénomène de la littérature jeunesse

Les aventures de Danaël, Jadina, Gryf, Shimy et Razzia ont séduit plusieurs générations de préadolescents depuis la parution du premier tome en 2004. Derrière l’indétrônable Astérix, Les Légendaires fait partie des meilleures ventes de BD jeunesse au XXIe siècle. La série principale est composée de 23 tomes, dont l’histoire devient plus sombre et mature au fil des volumes. Des spin-offs explorant le passé des personnages, ou des aventures annexes ont ensuite été publiés, avec des succès variables. En vingt ans d’existence, près de 11 millions d’exemplaires des 90 tomes écrits autour de cet univers se sont écoulés.

Enfance éternelle

Les BD racontent l’histoire de cinq héros contraints d’unir leurs forces pour affronter le sorcier Darkhell dans un monde frappé d’un terrible sortilège, qui contraint toute la population à vivre dans le corps d’un enfant de dix ans. Le scénariste, Antoine Schoumsky – qui prête également sa voix à Gryf –, a choisi d’ancrer l’histoire dans des thématiques universelles en s’éloignant de celle développée dans les livres. «Je voulais que ça parle de dictature, d’écologie, qu’il y ait des thématiques qui nous racontent des choses sur ce qu’on est en train de vivre en ce moment», explique-t-il. Il a aussi réinventé certains personnages comme le héros, Danaël, «qui porte la culpabilité» d’avoir plongé l’humanité dans l’enfance éternelle et doit apprendre à se pardonner.

Entre tradition franco-belge et manga

Le style de la BD emprunte aux mangas diffusés par le Club Dorothée comme Dragon Ball Z ou Les Chevaliers du Zodiaque. «C’est un peu comme si Le Seigneur des anneaux avait été revu par Disney avec un graphisme manga», résume Patrick Sobral. Pour Guy Delcourt, le patron des éditions du même nom qui publie la BD, Patrick Sobral avait, dès le début des années 2000, «bien digéré toutes les influences de l’animation japonaise du Club Dorothée» pour les adapter à un public français.

Success-story inattendue

La naissance des Légendaires tient du petit miracle. Après une série de refus pour des projets de BD destinées aux adultes, Patrick Sobral décide par dépit de tenter sa chance dans le secteur jeunesse en envoyant une dizaine de pages à plusieurs maisons d’édition. «Les Légendaires, c’est la première idée qui m’est passée par la tête. Ce n’est pas un projet que j’avais en moi depuis longtemps, c’est la chose la plus improvisée que j’aie faite au monde», sourit-il. Guy Delcourt dit avoir tout de suite flairé le potentiel. «C’était un projet séduisant, plein d’énergie. Et l’idée de personnages adultes dans des corps d’enfants était très originale», salue l’éditeur, dont c’est le plus gros succès. Patrick Sobral dit avoir mis quatre tomes à bien maîtriser l’univers, qu’il n’avait pas du tout prévu de développer à ce point. «J’ai été le dernier à croire à mon projet. C’est fou!», juge-t-il.

Naissance d’une «licence»

Avant le cinéma, la BD a été adaptée en série pour TF1 et en jeu de société. Des romans inspirés de son univers ont également été publiés. L’ambition du film est de partir à la conquête d’un public international. Il «nous a donné l’opportunité d’essayer d’autres choses un peu différentes», développe Patrick Sobral. Le réalisateur, Guillaume Ivernel, dont c’est le troisième long métrage, a abandonné le côté manga, difficile à transposer dans l’animation 3D. «On a eu beaucoup de discussions pour réussir à conserver l’ADN des Légendaires», à savoir «un mélange de comédie, d’aventure, de drame, d’épique et d’émotion», analyse-t-il.

Les Légendaires,
de Guillaume Ivernel.

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