CINÉMA Sorti dans les salles au printemps, le thriller horrifique Obsession est toujours à l’affiche. Son réalisateur, Curry Barker, et l’actrice Inde Navarrette reviennent sur le triomphe inattendu de l’un des films les plus rentables de l’histoire.
Curry Barker était certain qu’Obsession serait un bon film, mais il n’avait jamais imaginé qu’il deviendrait un phénomène au box-office, au point de le propulser sous les projecteurs d’Hollywood. Un an après sa première au festival international du Film de Toronto, le réalisateur américain de 26 ans et son actrice principale, Inde Navarrette, tentent encore de mesurer le succès de ce film d’horreur qui, avec plus de 500 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 750 000 dollars, est devenu l’une des productions les plus rentables de l’histoire. «C’est comme le premier anniversaire du jour où nos vies ont basculé», a déclaré Curry Barker en marge de l’édition 2026 du festival canadien, qui s’est achevée dimanche.
Le cinéaste a jugé que le succès d’Obsession s’explique en partie par le fait que sa génération se reconnaît dans ses dialogues, mais aussi par la recherche d’expériences collectives. Son film reprend la trame d’un «teen movie» américain, avec un jeune homme (Michael Johnston) amoureux d’une collègue (Inde Navarrette) et qui n’ose pas lui avouer ses sentiments. Sans y croire, il utilise un soir un objet ésotérique, forme le vœu que son amie l’aime «plus que tout au monde» et va se trouver confronté à une passion soudaine, dévorante et ultraviolente. «Fais attention à ce que tu souhaites…», a souri le réalisateur, voyant dans cette métaphore un parallèle avec son ascension fulgurante vers la célébrité dans une industrie aussi concurrentielle que le cinéma.
Rester authentique
«On ne s’imaginait pas que ce film allait connaître un tel succès», a confié Curry Barker, pour qui cette réussite est «globalement très, très positive». «Évidemment, ça fait aussi peur. Ça peut devenir effrayant, et il y a la pression de savoir ce que vous allez faire ensuite», a-t-il toutefois ajouté.
Cette attente, le cinéaste, qui a fait ses premiers pas sur YouTube, a dit la ressentir sur internet et «à travers le nombre d’opportunités qui se présentent». Pour s’en préserver, Curry Barker tente de se replier dans sa «bulle». «Comme ça, je n’ai pas l’impression de créer quelque chose pour le monde entier. C’est comme pour Obsession : je fais simplement quelque chose que je trouve cool. Et je dois garder ça», a-t-il expliqué.
C’est le premier anniversaire du jour où nos vies ont basculé
Curry Barker, réalisateur
Inde Navarrette, qui a récemment rejoint l’univers cinématographique Marvel pour prendre le rôle de Malicia dans le prochain X-Men, a également souligné l’importance de vivre «au jour le jour» et de rester authentique. «C’est très similaire à d’autres métiers (…) Quand on réussit dans son domaine, il y aura évidemment des aspects négatifs», a relevé l’actrice de 25 ans. Certaines de ses scènes dans le film sont devenues virales sur les réseaux sociaux au point de se transformer en mèmes, ce qui l’a surprise, sans pour autant la déranger. «J’adore être un mème, je trouve ça génial (…) C’est vraiment amusant.»
Faire revenir les jeunes au cinéma
Hollywood, qui tente depuis des années de faire revenir le public dans les salles de cinéma, notamment les plus jeunes, a pris très au sérieux le succès d’Obsession, devenu un phénomène au box-office, à l’instar de Backrooms, du réalisateur de 21 ans Kane Parsons, sorti à la même période. Ce dernier film, produit par la société A24 (Moonlight, Uncut Gems, Midsommar…), a même connu une ressortie quelques mois après sa distribution en salle, dans une version rallongée de près de vingt minutes de scènes coupées.
«La barrière à l’entrée est ouverte. Je pense que c’est la leçon à retenir», selon Curry Barker. Pour Inde Navarette, Obsession a créé un «précédent» en montrant qu’il était possible de faire des films qui parlent aux jeunes. «Les gens de notre génération adorent le cinéma», souligne-t-elle. «Ils veulent simplement qu’il leur soit proposé dans un langage qu’ils peuvent comprendre.»