Après son succès en librairie, l’adaptation sur grand écran de la BD Les Enfants de la Résistance signée Christophe Barratier, sort ce mercredi en salles. Voici cinq choses à savoir.
Une série à succès
Lancée en 2015 par le scénariste Vincent Dugomier et le dessinateur Benoît Ers, la série Les Enfants de la Résistance raconte l’histoire de trois enfants de 13 ans en 1940, Lisa, Eusèbe et François, qui vont participer, à leur hauteur, à la Résistance dans le village fictif de Pontain-l’Écluse, vivant au rythme de l’Occupation et des patrouilles allemandes.
Cette série est devenue un succès de la BD jeunesse avec plus de 2,7 millions d’exemplaires vendus, selon la maison d’édition Le Lombard. La barre des trois millions devrait être franchie cette année avec la sortie, le 5 juin, du dixième tome, intitulé La guerre n’est pas finie. Il sera tiré à 140 000 exemplaires.
Un outil pédagogique
La BD est devenue une référence pour expliquer la Seconde Guerre mondiale aux collégiens, grâce notamment à l’appui des enseignants et la mise en place d’outils pédagogiques sur le contexte historique. Un podcast, intitulé Résister!, a été développé par l’éditeur et la société Blynd pour raconter les destins des enfants résistants.
C’est une histoire «simple à lire, car on se familiarise très vite avec les personnages, qui sont à la fois de vrais personnages de fiction et en même temps des archétypes historiques : le jeune résistant de la première heure, le pétainiste, la jeune réfugiée allemande…», selon l’historien Henry Rousso, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, cité par l’éditeur.
Les enfants au premier plan
Réalisateur des Choristes en 2004, Christophe Barratier a depuis sorti d’autres films d’époque mettant en scène des enfants, tels La (Nouvelle) Guerre des boutons (2011), adapté du roman de Louis Pergaud, et Le Temps des secrets (2022), tiré de l’œuvre de Marcel Pagnol. L’objectif, cette fois-ci, est de «retranscrire l’idéalisme et l’impétuosité de ces enfants résistants pour que le jeune public d’aujourd’hui s’identifie», explique le réalisateur, pour qui «la direction d’enfants, c’est avant tout de ne pas se tromper dans le choix du casting».
Aux côtés des comédiens plus jeunes, des acteurs confirmés et chouchous du grand public : Artus (Un p’tit truc en plus, carton français de l’année 2024) dans le rôle du père de François, et Gérard Jugnot, déjà personnage principal des Choristes et qui joue ici le curé du village.
La «touche» Barratier
Comme dans la BD, le film met en scène de vrais épisodes ayant jalonné le début de la Seconde Guerre mondiale : le discours du 17 juin 1940 prononcé à la radio par le maréchal Pétain annonçant aux Français qu’il «fait le don à la France de (sa) personne», l’exode, l’arrivée des prisonniers de guerre, les passages clandestins en zone libre…
Les décors – les paysages de l’Yonne et du Loiret –, les costumes, la musique – Christophe Barratier est guitariste classique de formation –, sont soignés et réalistes. Le tout au service d’un objectif, souligne le réalisateur : «Un ton de légèreté souriante, qui divertit, tout en apprenant des choses sur une réalité tragique.»
À suivre
Si le film retranscrit les tomes 1 et 2, il n’est pas exclu, en cas de succès, qu’il ait une suite, confie le réalisateur. «J’ai promis aux auteurs de respecter l’esprit de la BD et ils m’ont laissé libre. Donc, l’idée, c’est de continuer à suivre les enfants qui grandissent» au cours des tomes suivants. D’autant plus, estime Christophe Barratier, que «la blessure de l’Occupation résonne encore aujourd’hui : ce n’est pas seulement un devoir de mémoire qui s’impose, mais une nécessité de forger les consciences».
Les Enfants de la Résistance, de Christophe Barratier.