Le grand couturier italien Valentino, emblème de la mode italienne et ami des stars, est mort lundi à 93 ans, salué par de nombreuses personnalités.
Valentino Garavani, dit Valentino, s’était fait une spécialité d’habiller et de sympathiser avec le tout Hollywood, d’Elisabeth Taylor à Ava Gardner, Lana Turner ou Audrey Hepburn en passant par Sharon Stone, Julia Roberts ou encore Gwyneth Paltrow. «Ça ressemble à la fin d’une époque. Il nous manquera beaucoup», a écrit l’actrice Gwyneth Paltrow sur Instagram, à côté d’une photo d’elle embrassant Valentino sur la joue.
La mannequin Cindy Crawford s’est dite «bouleversée», qualifiant Valentino de «véritable maître de son art». L’actrice Sophia Loren a rappelé «son âme généreuse», son «art et sa passion qui resteront à jamais une source d’inspiration», selon l’agence Ansa.
Quelques mois après Giorgio Armani, cette autre figure majeure de la haute couture est décédée à son domicile à Rome, a indiqué la Fondation Valentino Garavani sur Instagram. «Nous avons perdu un vrai maestro dont on se souviendra toujours pour son art», a commenté Donatella Versace. «Aujourd’hui, l’Italie perd une légende, mais son héritage continuera d’inspirer des générations. Merci pour tout», a déclaré la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, sur le réseau X.
Il avait «repoussé les frontières du possible»
Les funérailles de Valentino Garavani se tiendront vendredi à la Basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des Martyrs, à Rome, à 11 h, selon la Fondation. Les créations de Valentino, cousues entièrement à la main dans des matières nobles et à même la peau, épousaient la silhouette avec des points d’ancrage aux épaules et à la taille. Pour lui, «une femme doit faire tourner les têtes quand elle entre dans une pièce».
Pour Carlo Capasa, président de la chambre de commerce de la mode italienne, «son esthétique, cohérente et rigoureuse, n’a jamais couru après les tendances, mais a su unir mémoire artisanale et modernité, contribuant de manière décisive à la reconnaissance de la mode italienne dans le monde». Pour le directeur de la création de Valentino, Alessandro Michele, il avait «repoussé les frontières du possible, parcouru le monde avec une sensibilité rare (…) et un amour sans limites de la beauté». Le grand magasin londonien Harrods a pour sa part rendu hommage à l’«un des derniers véritables titans de la mode».
«Il est le créateur d’une mode raffinée, rayonnante, fastueuse, aux drapés généreux, qu’il a indissolublement mariée avec le cinéma», a réagi Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe français LVMH. Luca De Meo, directeur général du géant du luxe Kering, a salué «un créateur d’exception», qui «incarnait un sens du style ayant profondément façonné notre imagination collective».
Un «maître incontesté de la couture»
Sa marque Valentino avait été vendue en 2023 au fonds d’investissement qatari Mayhoola et devait être rachetée par le groupe Kering, qui est déjà à son capital à hauteur de 30 %. Mais le géant du luxe a prolongé son option d’achat jusqu’en 2029. François-Henri Pinault, président du conseil d’administration de Kering, a salué un «maître incontesté de la couture», qui «a marqué et inspiré des générations entières de créateurs».
Le carnet d’adresses de Valentino rassemblait tout le gotha. Sa rencontre avec Jackie Kennedy en 1964 est déterminante. Il lui refait sa garde-robe et elle choisit, pour se marier avec Aristote Onassis en 1968, un modèle ivoire rehaussé de dentelle tiré de sa fameuse Collection blanche. Le succès est immense aux États-Unis. En 1970, il est le premier couturier italien à ouvrir une boutique à New York. Dès lors, Valentino, considéré comme le porte-parole de la haute couture de son pays, associe l’artisanat italien, la couture française et le prêt-à-porter américain. L’arrivée du styliste Alessandro Michele au printemps 2024 a cependant amené un vent de fraîcheur sur la marque.
Prénommé Valentino en hommage à la star du cinéma muet Rudolph Valentino, le couturier au teint éternellement hâlé et au brushing figé était né le 11 mai 1932 à Voghera, une petite ville au sud de Milan, dans une famille bourgeoise. Très jeune, il se passionne pour la mode. Après un passage par Paris, il ouvre sa maison à Rome en 1960 avec l’aide de Giancarlo Giammetti, son compagnon et partenaire indéfectible jusqu’à sa retraite en 2008. Cet homme d’affaires et de goût saura transformer la maison Valentino en marque internationale au gré de rachats successifs.