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Venezuela : des voix luxembourgeoises dénoncent une violation du droit international


Comme dans d'autres pays, un piquet de protestation contre l'attaque américaine au Venezuela aura lieu mercredi au Luxembourg. (Photo : afp)

L’intervention militaire américaine au Venezuela a suscité de vives réactions au Luxembourg. La Friddensplattform dénonce une attaque illégale au regard du droit international. Un député déi Lénk critique l’hypocrisie occidentale.

Un «coup de force contraire au droit international». Voilà comment la Friddensplattform a défini, dans un communiqué publié ce lundi, l’attaque contre le Venezuela ordonnée par le président américain.

«C’est une intervention sans mandat des Nations unies qui crée un précédent dangereux pour d’autres pays que Trump a déjà menacés, tels que le Groenland, le Nigeria ou la Colombie», déclare Marc Burggraff, membre du conseil d’administration de la plateforme, contacté par Le Quotidien. «C’est un retour vers une ère coloniale.»

Au-delà des États-Unis, Marc Burggraff craint que cette attaque puisse «donner des idées» à d’autres pays, comme la Chine et la Russie : «Cela renforce l’idée que les États forts peuvent dominer le reste du monde.»

Vers une politique de domination?

Si les intérêts réellement en jeu derrière cette intervention militaires sont «difficiles à dire», Marc Burggraff s’en fait tout de même une idée : «On pense tout de suite au pétrole, mais aussi à l’exclusion de Vénézuéliens et de citoyens venant d’autres pays d’Amérique latine des États-Unis, comme il a déjà pu le faire vers le Salvador.»

Un piquet de protestation mercredi

Pour soutenir sa position contre l’attaque américaine, la Friddensplattform organise un piquet de protestation ce mercredi 7 janvier à 16h30 devant l’ambassade des États-Unis.

Comme dans d’autres pays, l’objectif est de montrer qu’au Luxembourg aussi la société civile est contre cette politique. «Nous voulons aussi apporter notre solidarité aux Vénézuéliens», ajoute Marc Burggraff.

Selon lui, plus Trump aura la mainmise sur l’Amérique latine, plus il pourra déporter les migrants qu’il poursuit déjà à l’intérieur de son pays. «Une grande partie de la population est menacée», estime Marc Burggraff. Avant d’ajouter : «C’est le commencement d’une politique de domination des États-Unis sur l’Amérique latine.» Les Nations unies devraient donc condamner l’attaque des Etats-Unis et exiger le retour du président Maduro au Venezuela.

Deux poids deux mesures

Dimanche, le député dei Lénk David Wagner écrivait dans un post partagé sur ses réseaux sociaux que la réaction des gouvernements occidentaux était presque aussi choquante que l’attaque elle-même. «On a l’impression que les gouvernements valident cette action. Ils ont tous le même langage, même le Luxembourg : ils rappellent qu’il faut respecter le droit international sans oser qualifier réellement les choses», dénonce le député, contacté par nos soins.

Il explique ce silence ou cette absence de condamnation des dirigeants occidentaux soit par la conviction pour certains, soit par la peur pour d’autres. En tout cas, leur attitude représente une contradiction entre les «valeurs» qu’ils affichent et leurs actes concrets. «Ils n’interviennent que là où leurs intérêts sont menacés et mis en cause.» Un avis partagé par Marc Burggraff, qui estime que l’UE ne condamne pas assez Trump.

Une nouvelle illustration, selon David Wagner, du «deux poids deux mesures» : «Les Occidentaux appliquent le droit international lorsque c’est la Russie qui le viole, mais pas lorsque ce sont les États-Unis et Israël.» Pis encore, selon lui, l’Occident détruirait le droit international. Il craint, par conséquent, que l’ONU ne dépérisse petit à petit. «C’est une situation catastrophique qui fait quand même peur», souffle-t-il.

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