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Un supplément de 329 millions d’euros pour les familles


Le ministre de la Famille, Max Hahn (à g.), à côté du ministre des Finances, Gilles Roth, lors de la présentation du paquet fiscal en faveur des familles et des enfants. (Photo : fabrizio pizzolante)

La réforme fiscale s’accompagne d’un paquet d’aides qui comprend une hausse structurelle des allocations familiales et un allègement substantiel du coût pour les parents des structures d’accueil pour enfants.

«Nous plaçons l’enfant au centre de nos préoccupations. Il nous faut éviter qu’ils se retrouvent au bord de la société et soient laissés pour compte. La lutte contre la pauvreté infantile nous importe depuis le début de notre mandat», souligne d’emblée le Premier ministre, Luc Frieden.

Le 20 novembre, l’Unicef alertait du fait que 25,6 % des enfants de moins de 18 ans sont menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale au Luxembourg. L’agence onusienne invitait le gouvernement à mener une réforme combinée des allocations familiales, du congé parental et des services de garde d’enfants, ce qui devait permettre de réduire «la pauvreté des enfants d’environ 1 enfant sur 4 à 1 enfant sur 10, si toutes les nouvelles politiques proposées étaient mises en œuvre».

Les allocations familiales et une réforme du chèque-service accueil (CSA), l’instrument de soutien pour financer la garde des enfants, font partie du paquet qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027, une année avant l’introduction d’une classe d’imposition unique.

«Cette réforme constitue un changement de paradigme non seulement sur le plan fiscal, mais aussi en matière de politique sociétale», introduit le ministre de la Famille, Max Hahn. «Le gouvernement n’a pas à se mêler du fait que les gens vivent en couple, sont célibataires, mariés ou divorcés. Par contre, ce qui nous importe vraiment est si un enfant fait partie du ménage», poursuit-il.

La réforme fiscale proprement dite prévoit l’introduction d’un abattement «petite enfance» à hauteur de 5 400 euros par enfant et par an. En parallèle aux allègements financiers pour les ménages avec enfants, y compris les familles monoparentales, la coalition CSV-DP mise sur deux autres leviers pour réduire le risque de pauvreté qui guette les enfants.

Les allocations familiales augmentent de 45 euros pour les enfants de moins de 11 ans et de 60 euros pour les plus de 12 ans. Les montants mensuels passent ainsi de 307 à 352 euros (0-11 ans), de 330 à 375 euros (6-11 ans) et 365 à 425 euros (à partir de 12 ans).

«Nous introduirons également une aide sociale ciblée surtout destinée aux familles avec des enfants scolarisés qui sont en risque de pauvreté. Aucun enfant ne doit être exclu d’activités scolaires ou extrascolaires», ajoute Max Hahn. Il s’agit plus concrètement d’un soutien financier variant, selon l’âge, de 300 à 3 000 euros par an.

Le paquet ficelé par le ministre de la Famille va encore plus loin, avec une hausse de l’allocation de rentrée scolaire – de 115 à 175 euros pour les 6-11 ans (+60 euros) et de 235 à 325 euros (+90 euros).

L’ensemble des prestations de la Caisse pour l’avenir des enfants (CAE, Zukunftskeess) vont à nouveau être indexées. Aux allocations familiales s’ajouteront justement l’allocation de rentrée scolaire, l’allocation spéciale pour enfants handicapés et l’allocation de naissance.

Cette dernière prévoit actuellement le versement de trois tranches de 580 euros, dans le cadre du suivi médical de la mère et de l’enfant : allocation prénatale, postnatale et naissance. L’aide sera complétée par une tranche supplémentaire pour encourager les parents à procéder à des examens de prévention. «Le bilan des 30 mois, soit le dépistage précoce des troubles du langage à deux ans et demi, est facultatif. Seule la moitié des enfants sont soumis à cet examen. Nous voulons augmenter ce taux grâce à la nouvelle tranche d’allocation de naissance», développe Max Hahn.

Versement automatique des allocations

Les aides liées à la CAE seront versées automatiquement. L’aide ciblée pour enfants scolarisés sera intégrée au paquet de soutien qui comprend aussi l’allocation de vie chère et la prime énergie, également versée automatiquement aux ménages éligibles.

Il est à souligner que l’ensemble des allocations permet aux ménages avec enfants de disposer d’un revenu supérieur au budget de référence, soit le montant minimal pour mener une vie digne.

Le budget global pour cette nouvelle trame d’aides et de mesures se chiffre à 250 millions d’euros par an.

En parallèle, la réforme du chèque-service accueil représentera un soulagement financier de 75 millions d’euros pour les parents. Et donc un coût identique pour les caisses de l’État. Selon la composition des ménages, des gains de plusieurs milliers d’euros sont possibles.

Le coût global du paquet fiscal, social et sociétal ficelé par le gouvernement est ainsi estimé à 1,3 milliard d’euros : 1 milliard pour la classe d’imposition unique, et donc les 250 millions assumés par le ministère de la Famille et les 75 millions à la charge du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse.

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