Alors que la consommation de boissons sans alcool s’impose désormais comme une tendance durable, la Brasserie nationale s’adapte en produisant une Bofferding à 0,3%.
Si les deux autres brasseries industrielles du pays ont, depuis longtemps déjà, ajouté une bière sans alcool à leur gamme – Diekirch en 2018, suivi par Simon en 2019 – il aura fallu attendre 2026 pour voir la Brasserie nationale lancer officiellement une version sans alcool de son emblématique Bofferding.
Un retard qui serait dû à deux autres projets : «Ces dernières années, nos équipes ont été fortement mobilisées par le lancement de Lodyss, notre eau minérale naturelle, tandis que nous avons dû réaliser d’importants investissements concernant la pasteurisation», détaille Maurice Treinen, directeur de production.
Cinq pour cent des ventes de bières
Mais cette fois, c’est la bonne : pas question pour la maison mère de Bofferding et de Battin de laisser ses concurrents se partager ce marché en pleine expansion plus longtemps.

L’équipe marketing aux côtés de Maurice Treinen et Isabelle Lentz, CEO de Munhowen. (Photo : hervé montaigu)
Apparues il y a une dizaine d’années, les bières sans alcool représentent aujourd’hui, selon les pays, entre 4% et 7% des ventes totales de bières. «Au Luxembourg, on se situe à environ 5%», précise le directeur marketing du distributeur de boissons Munhowen.
Un tiers de la Gen Z ne boit pas d’alcool
Un engouement boosté par des consommateurs aux profils nouveaux, de plus en plus attentifs à leur santé, y compris mentale, plus sportifs aussi, et surtout, plus jeunes.
«Selon une étude que nous avons commandée, 30% des jeunes de la génération Z au Luxembourg déclarent ne pas boire d’alcool ou très rarement», poursuit-il. «Donc, pour l’avenir, on est obligés de s’y intéresser.»
Une croissance de 15%
D’autant que cette tendance, promue par le Dry January, affiche de forts taux de croissance, qui ne se limitent pas au rayon bière : en dix ans, les ventes de vin sans alcool ont été multipliées par dix et celles de spiritueux par quatre. Les ventes de bière sans alcool ayant bondi quant à elles de 15%.
«À ces niveaux, on ne parle plus de niche, mais de segment hautement stratégique.» D’où l’importance de ne pas se louper. Pour sa première bière sans alcool, Bofferding a souhaité avant tout rester fidèle à l’ADN de la marque.
Pour la version sans alcool de la Bofferding Pils, ce sont les mêmes ingrédients qui sont utilisés, «sauf qu’on ajoute un peu moins de malt pendant le processus de brassage», indique Maurice Treinen.
Ensuite vient la cuisson traditionnelle au moût, «puis on la refroidit à quatre degrés au lieu de dix. Lors de la fermentation, avec une levure identique, on surveille scrupuleusement le degré d’alcool pour ne surtout pas dépasser les 0,4% sinon c’est foutu.»
Enfin, un refroidissement choc à 0,5 degré est appliqué, ainsi qu’un passage sur centrifuge pour éliminer la levure, avant la pasteurisation.
«Son profil aromatique est proche de celui de la Bofferding Pils, avec une légère amertume. Et elle est brassée et embouteillée chez nous», se félicite Maurice Treinen.
La recette est la même, 100% naturelle, pur malt et pur houblon, sans sucre ajouté, et avec un taux d’alcool de 0,3%.
Bientôt au tour de Battin?
Déterminée à faire évoluer ses marques pour s’adapter aux attentes des consommateurs, la Brasserie nationale lancera-t-elle bientôt une Battin sans alcool? «Il y aura des initiatives, c’est certain», glisse le directeur marketing.
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