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Un homme volait de la lingerie féminine aux habitantes de Gasperich


Le prévenu volait de la lingerie aux habitantes d'un immeuble de Gasperich. (Photo : archives lq)

Un étrange phénomène s’est produit dans un immeuble de Gasperich pendant un peu plus d’un an. Les sous-vêtements féminins disparaissaient sans explication, jusqu’à l’arrestation de Pascal.

D’habitude, ce sont les chaussettes qui disparaissent dans les machines à laver. Dans l’affaire qui a occupé la 7e chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg lundi, ce sont des sous-vêtements féminins qui disparaissaient dans les machines à laver d’un immeuble de la rue Charles-Darwin à Gasperich entre 2021 et juin 2022. «Ce n’est pas agréable pour une femme de se faire voler ses sous-vêtements à son domicile», a témoigné une victime.

Une douzaine d’habitantes de cet immeuble ont perdu culottes, soutiens-gorges et bas dans la buanderie du bâtiment. Les cadenas placés sur leurs lave-linges avaient été forcés et les sous-vêtements volés. Un individu se servait directement dans les tambours jusqu’à ce qu’il se fasse prendre la main dans la lingerie par la police.

Les plaintes contre ce voleur inconnu se sont multipliées à l’époque. Une des victimes réclame 600 euros à Pascal, 47 ans. «Cela ne compense pas les dommages émotionnels», note-t-elle. Honteux, le prévenu est assis sur le banc des prévenus recroquevillé sur lui-même. Il indique avoir trouvé un trousseau de clés dans un parc et s’en être servi pour accéder à l’immeuble, mais est incapable d’expliquer pourquoi son butin était exclusivement composé de lingerie féminine.

«Des pulsions incontrôlables»

Fétichisme? Cleptomanie? Sans doute un peu des deux, selon un expert psychiatre. Pascal rapporte avoir commis les vols – il reconnaît les plus récents, mais pas ceux antérieurs à 2022 – alors qu’il traversait une mauvaise passe dans sa vie personnelle et professionnelle. «Aujourd’hui, j’ai changé d’emploi et je prends des cours de cuisine. J’espère devenir chef», précise le quadragénaire, qui suit une thérapie.

«Il y a un peu de fétichisme là-dedans. Que faisiez-vous avec les sous-vêtements?», l’interroge le juge. «Je les prenais et je les jetais ensuite», répond Pascal. «J’ai fini par y prendre goût.» Une explication qui ne satisfait pas le procureur. Le prévenu s’introduisait dans l’immeuble avec les clés perdues par le gérant, entrait dans la buanderie, fracturait les cadenas de protection avec une pince et prenait le temps de trier les lessives pour n’emmener que les pièces de lingerie féminine sans raison particulière.

Le magistrat et la demi-douzaine de victimes présumées présentes dans la salle d’audience ont dû se contenter de ce début d’explication de sa part. Son avocate tente de l’aider en évoquant «des poussées d’adrénaline» avant les passages à l’acte et «du soulagement» immédiatement après, comme «des pulsions incontrôlables».

Elle se rabat ensuite sur les conclusions du rapport émis par l’expert judiciaire qui a conclu que ces vols conféraient à Pascal «un sentiment de puissance». Leur seule connotation sexuelle était que le sexe était un des domaines dans lesquels le prévenu se serait senti défaillant au moment de passer à l’acte. Bref, Pascal n’aurait pas choisi la lingerie par perversion ou pour nuire à l’une de ses victimes présumées. «Je ne les connais même pas.»

L’avocate a demandé au tribunal de faire abstraction d’une peine de prison à l’encontre de son client alors que le représentant du parquet venait de requérir une peine de 14 mois de réclusion pour destructions volontaires et vols à l’aide de fausses clés. Ce dernier ne s’était pas opposé à un sursis probatoire à condition que Pascal poursuive son suivi thérapeutique. 

Enfin, l’avocate a réclamé l’acquittement pour «un fait unique» remontant à 2021. À cette époque, le prévenu n’avait, selon elle, pas encore trouvé les clés de l’immeuble. Le gérant lui-même aurait indiqué les avoir perdues quelques mois avant l’arrestation de Pascal par la police.

Le voleur de lingerie sera fixé sur son sort le 29 janvier.

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