Malgré un investissement public de 1,3 million d’euros, les tunnels de Grouft et de Stafelter restent affectés par des pannes de ventilation.
Malgré un investissement public de 1,3 million d’euros pour l’installation des systèmes de ventilation, les tunnels de Grouft et de Stafelter continuent de connaître des dysfonctionnements majeurs. Une situation confirmée par la ministre de la Mobilité et des Travaux publics, Yuriko Backes (DP), dans deux réponses parlementaires publiées ce mardi 10 février.
À l’origine des perturbations actuelles, deux pannes successives de ventilateurs, survenues dans le cadre de la maintenance régulière. Dans un premier temps, un «corps étranger avait été identifié comme cause probable», hypothèse confirmée à l’époque par le fabricant. Mais la réapparition du même phénomène quelques mois plus tard a conduit l’administration des Ponts et Chaussées à commander une expertise indépendante.
Un défaut du matériel en cause
Les conclusions de cette expertise, rendues fin janvier, pointent désormais vers un «problème structurel du matériau», obligeant les autorités à imposer des restrictions de sécurité routière dans les deux tunnels. Un bureau d’ingénieurs externe a en parallèle été chargé d’évaluer dans quelles conditions les tunnels pouvaient continuer à être exploités en toute sécurité.
Selon la ministre, «le risque ne se limite pas aux ventilateurs déjà défectueux». Il existe un «potentiel problème systémique susceptible de concerner l’ensemble des 52 ventilateurs installés», ce qui a rendu insuffisante une simple inspection visuelle et nécessite des analyses approfondies.
Aucune échéance
L’administration des Ponts et Chaussées a depuis passé commande pour le remplacement préventif des composants susceptibles de provoquer une panne, sur l’ensemble des ventilateurs concernés. Mais aucune date de fin des restrictions ne peut être communiquée pour l’heure.
«Un calendrier ne peut pas être annoncé à ce stade», reconnaît la ministre, les pièces devant être fabriquées sur mesure par le fournisseur, dont dépendent entièrement la production et la livraison. Les services de l’État se disent en «contact permanent» avec ce dernier afin d’accélérer le processus.
Les ventilateurs en cause proviennent tous du même fabricant, une entreprise anglo-suédoise récemment intégrée à un groupe sud-coréen. Ce type précis de ventilateur n’est utilisé que dans les tunnels de Grouft et de Stafelter, ce qui limite les possibilités de mutualisation ou de solutions alternatives rapides.
Si le même fabricant fournit également des ventilateurs d’un autre type dans le tunnel Howald, la ministre précise que les incidents observés ailleurs, notamment au tunnel du Gousselerbierg en 2015, concernaient un autre fournisseur et une autre technologie, «rendant toute comparaison directe impossible».
À l’étranger, un seul incident comparable aurait été identifié, datant de plusieurs années, sans que les détails n’aient pu être établis à ce stade. Le fournisseur n’a, pour sa part, signalé aucun autre cas similaire.
Des coûts élevés
L’installation des systèmes de ventilation dans les tunnels de Grouft et de Stafelter a représenté un coût global d’environ 1,3 million d’euros, précise la ministre DP. À cela s’ajoutent près de 480 000 euros de maintenance cumulée entre 2016 et 2025 pour les deux ouvrages, hors TVA.
Au-delà de l’incident actuel, les chiffres communiqués montrent que le tunnel de Grouft a connu de nombreuses fermetures ou restrictions ces dernières années : entre 2021 et 2025, il a été fermé ou partiellement neutralisé plus de 120 nuits, principalement pour des opérations de maintenance, de nettoyage ou de modernisation des équipements de sécurité.
Si ces interventions sont généralement programmées de nuit pour limiter l’impact sur le trafic, elles s’ajoutent aujourd’hui à des restrictions prolongées en journée, directement liées aux problèmes de ventilation.
En 2025, l’autoroute A7, entre Schieren et la jonction Grünewald, a connu environ «55 fermetures liées à des travaux de maintenance dans les tunnels ou ouvrages assimilés», selon les chiffres communiqués par le ministère de la Mobilité.
Le gouvernement réfute toutefois l’idée de «problèmes techniques récurrents». Il souligne que «la fermeture d’un tunnel ne signifie pas nécessairement une panne, mais relève le plus souvent de travaux préventifs destinés à éviter des incidents plus graves ou à détecter des anomalies à un stade précoce».
Concernant les restrictions actuelles dans les tunnels de Grouft et de Stafelter, la ministre insiste sur le fait que «seules des composantes individuelles des ventilateurs sont concernées, et non l’ensemble du système de ventilation».
Néanmoins, en raison du risque potentiel touchant les quatre tubes des deux tunnels, des mesures identiques ont été appliquées partout : fermeture d’une voie et limitation de la vitesse à 70 km/h.
Ces mesures ont été validées par l’autorité administrative compétente et visent à garantir la sécurité des usagers, notamment en cas d’accident avec incendie, scénario pour lequel la ventilation joue un rôle crucial. Les radars tronçons installés dans les tunnels ont par ailleurs été adaptés aux limitations de vitesse en vigueur.