Dans un rapport publié ce mercredi, l’Observatoire de la santé dresse la liste des mesures les plus efficaces pour lutter contre les maladies chroniques.
Principales causes de mortalité au Luxembourg, les maladies chroniques – cancers, maladies cardiovasculaires, respiratoires, troubles mentaux, musculo-squelettiques, diabète, maladies du système nerveux, dépression – ont causé 73 % des décès survenus en 2023, indique l’Observatoire de la santé dans son dernier rapport.
Celui-ci vise à éclairer les décideurs politiques sur les actions publiques qui ont démontré leur efficacité dans la réduction des facteurs de risque associés à ces maladies, et qui sont mises en avant par l’OMS.
Quatre comportements évitables favorisent la survenue des maladies chroniques :
- le tabagisme,
- la consommation d’alcool,
- une mauvaise alimentation,
- et l’inactivité physique.
L’Observatoire souligne que, pour réduire la prévalence de ces facteurs de risque parmi la population, et ainsi prévenir les maladies chroniques, retarder leur apparition et réduire leurs conséquences, adopter des comportements plus sains doit être une priorité de santé publique.
- Concernant la réduction du tabagisme, si les pistes de l’OMS ont été partiellement mises en œuvre au Luxembourg, «les produits du tabac restent peu coûteux et faiblement taxés», pointent les auteurs du rapport. «Augmenter le prix du tabac pourrait entraîner une réduction rapide et significative du fardeau des maladies chroniques. Plus l’augmentation du prix du tabac est importante, plus les bénéfices pour la santé publique sont grands.»
- Sur la consommation d’alcool, l’OMS plaide pour la limitation de la publicité, qui n’est appliquée «que de manière limitée», dit l’Observatoire. «Le pays applique par ailleurs des droits d’accises peu élevés, n’impose pas de prix minimum pour les boissons alcoolisées et ne limite pas les plages horaires de vente. L’alcool est facilement disponible et peu coûteux.» Ici, la taxation et l’instauration d’un prix minimum pourraient avoir un impact important.
- En matière d’alimentation, le Luxembourg encourage activement une alimentation saine par le biais de campagnes publiques inclusives, de programmes dans les écoles et sur les lieux de travail, «mais en pratique, le caractère volontaire de l’étiquetage nutritionnel limite l’impact sur les choix des consommateurs. Et il n’existe aucune mesure visant à protéger les enfants contre le marketing d’aliments nocifs.»
- Sur l’inactivité physique, des campagnes, événements et programmes encouragent la pratique d’une activité. «La mobilité active est intégrée dans le Plan national de mobilité 2035 mais peut être davantage promue.»
Les moins diplômés en première ligne
Le rapport note encore que les comportements sont marqués par de fortes disparités sociales. Ainsi, le tabagisme, la consommation excessive d’alcool, une mauvaise alimentation et l’inactivité physique sont plus fréquents chez les personnes ayant un niveau d’éducation de base que chez celles ayant un niveau plus avancé.
Les experts insistent sur le fait qu’au niveau international, la plupart des interventions auprès de la population fondées sur les données de l’OMS peuvent réellement améliorer les comportements et réduire rapidement le fardeau des maladies chroniques, «avec un impact mesurable dans les cinq années.»
Alors que l’accord de coalition gouvernemental vise à placer la prévention au même niveau que la médecine curative, ce rapport constitue un appel à renforcer les mesures de prévention.