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Sport en extérieur : «Les femmes ne se sentent pas en sécurité»


L'initiative Lëtz Run for Equality organise chaque mardi soir des sorties de running collectives, offrant aux coureuses l’occasion de pratiquer la course à pied en groupe. (Photo : dr)

Alors que la journée internationale du Sport féminin approche, la question de la place accordée aux femmes dans la pratique sportive de loisir se pose.

Près de quatre femmes sur dix ne pratiquent pas suffisamment d’activité physique, selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une tendance que l’on retrouve aussi au Luxembourg. Selon une étude nationale basée sur l’enquête ORISCAV-LUX 2 / GoPA! 2020, 59% des femmes au Luxembourg déclaraient être physiquement actives, contre 64% des hommes. Cela signifie qu’environ 41% des femmes seraient insuffisamment actives selon les normes internationales.

Loin d’être anodins, ces chiffres révèlent une réalité partagée par de nombreuses femmes : «Il y a une inégalité entre les genres face au sport de loisir, surtout pour les activités cardio en extérieur comme la course et le vélo», souligne Marie Everat, ambassadrice de Sine Qua Non Luxembourg, une association qui défend le droit des femmes dans le sport. Pourtant, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez la femme. Pratiquer une activité sportive est donc un «enjeu de santé».

Un manque de sécurité et de temps

Mais alors, pourquoi les femmes pratiquent moins de sport au quotidien? «Elles ne se sentent pas en sécurité», appuie Marie Everat. Les femmes se posent des questions que les hommes ne se posent pas : «Une femme ne peut pas juste enfiler ses baskets et sortir courir, elle doit aussi préparer son itinéraire et prévenir des proches, et pendant la séance elle doit vérifier partout autour d’elle et partager sa localisation.»

Et au-delà des violences sexistes et sexuelles, c’est également une question de temps et d’organisation. «Les hommes ont un créneau dédié au sport, alors que les femmes sont les variables d’ajustement, elles font du sport seulement lorsqu’il y a du temps pour ça», ajoute la coureuse. Mais même lorsque du temps se présente, elles ne sortent pas forcément faire du sport : «À la différence des hommes dans la même situation, beaucoup n’osent pas sortir seules, surtout quand il fait sombre.»

Des solutions pour favoriser la pratique féminine

Pour favoriser la pratique féminine du sport de loisir, des initiatives se créent. Cela fait notamment deux ans et demi que Marie Everat, pour qui le sport est «central» dans sa vie, a lancé l’initiative «Lëtz Run for Equality». «Ce sont des séances de running tranquilles en groupe, appelées «squads», permettant au plus grand nombre de participer», explique l’ambassadrice. Les coureurs et coureuses se retrouvent devant l’église place Léon-XIII à Bonnevoie chaque mardi à 19 h et courent six kilomètres. «Nous portons des t-shirts violets pour rendre les choses plus visibles et occuper l’espace», précise Marie Everat.

Une autre piste d’amélioration sont les aménagements urbains visant à rééquilibrer l’usage des espaces publics et à offrir aux femmes des opportunités de pratique sportive dans un cadre sécurisant et adapté à leurs besoins. «Cela peut être des zones réservées aux femmes ou des éclairages urbains plus nombreux et efficaces», illustre la coureuse. Le tout doit également être accompagné de plus de sécurité ainsi que d’éducation et de sensibilisation dès le plus jeune âge : «Il y a des différences dans la pratique sportive dès la cour d’école, où les garçons sont en mouvement et jouent au foot, mais pas les filles.»

Une soirée de témoignages et d’échanges

Le jeudi 15 janvier à 19 h, en prévision de la journée internationale du Sport féminin (le 24 janvier), la Ville de Luxembourg et l’association Sine Qua Non invitent le public à une soirée de témoignages et d’échanges au Cercle Cité. Pensé sous la forme d’une «Living Library» (bibliothèque humaine), l’évènement propose de rencontrer quatre femmes engagées pour le droit des femmes à pratiquer le sport dans l’espace public.

À travers des discussions en petits groupes, les participants pourront échanger sur les difficultés rencontrées par les femmes lors de la pratique sportive en extérieur, découvrir des solutions mises en place dans d’autres villes européennes, réfléchir aux aménagements urbains favorisant l’activité physique, et interroger la place du sport des filles dès le plus jeune âge. Une carte participative et une boîte à idées permettront enfin de recueillir témoignages et propositions concrètes pour faire évoluer les pratiques et les politiques locales.

L’association proposera également un squad de découverte au centre-ville le 24 mars à 19 h.

Plus d’informations et inscription sur egalite.vdl.lu

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