Une nouvelle opération autour de la vitesse a été organisée par la police dans le cadre d’une campagne européenne. Mais au-delà de la répression des infractions, l’accent était également mis sur la prévention.
Armé de son pistolet-radar, l’agent de police se tient sur le bord de la N5 entre Dippach et Bertrange. Soudain l’appareil réagit, il vient de détecter un automobiliste en excès de vitesse.
Le policier se plante au milieu de la route et commence à faire signe au conducteur de ralentir pour finalement s’arrêter sur une petite voie secondaire le long de la nationale.
Après vérification des papiers et du permis de conduire, l’automobiliste repart avec une amende de 49 euros. Il aura été l’un des nombreux conducteurs flashés, ce mercredi 15 avril, lors de l’édition 2026 du Speedmarathon.
Organisée dans le cadre de la campagne européenne Speed, qui se déroule dans toute l’Europe du 13 au 19 avril, l’opération s’inscrit dans la lutte contre la vitesse excessive.
«C’est une action du groupe de travail Roadpol, le réseau des polices de la route à travers l’Europe», détaille Laurent Lentz, le directeur de la police de la route. L’année dernière, l’opération avait permis à la police grand-ducale de constater plus de 630 infractions liées à la vitesse sur un peu plus de 1 000 contrôles réalisés au cours de la semaine. Dix-huit permis de conduire avaient alors été retirés.
Les usagers invités à participer
Mais le Speedmarathon n’a pas pour seul objectif la répression. «Nous sommes également présents pour faire de la prévention et sensibiliser les usagers aux dangers de la vitesse, ajoute Laurent Lentz. C’est pour cela que nous avons annoncé largement en avance la journée du Speedmarathon et que nous proposons aux gens de participer.»
En amont de l’opération, les citoyens pouvaient en effet voter pour choisir sur quelles localités la police devait se concentrer. Une manière d’inclure l’ensemble des usagers de la route et de rappeler que la sécurité routière concerne tout le monde. «La police est là pour la sécurité de tous.»
Le choix de la N5 a quant à lui été une évidence pour les agents. «C’est un endroit assez opportun avec une route très fréquentée où l’on constate beaucoup d’excès de vitesse, note Laurent Lentz. Nous sommes là depuis une vingtaine de minutes et nous avons déjà relevé quatre ou cinq infractions.»
Et ce, malgré un radar fixe, installé quelques centaines de mètres plus loin. L’endroit a aussi l’avantage de proposer une petite route parallèle permettant aux agents d’effectuer leurs contrôles en toute sécurité.
Bien pratique quand la vitesse n’est pas la seule infraction et qu’il faut vérifier l’état complet du véhicule ou la validité des documents de bord.

Avec leur équipement, les policiers peuvent déterminer la vitesse d’une voiture à environ un kilomètre.
Une des principales causes d’accident
Si beaucoup de contrevenants acceptent l’amende sans trop rechigner, d’autres peuvent se montrer plus véhéments avec les forces de l’ordre. C’est le cas d’une conductrice assez peu contente d’écoper d’une amende de 145 euros.
«C’est comme ça à chaque contrôle, relativise Laurent Lentz. Certains automobilistes sont très compréhensifs, mais il arrive que d’autres contestent et nous demandent si l’on n’a pas autre chose à faire.»
La vitesse reste pourtant l’une des principales causes d’accident de la route. «Et elle est un facteur à chaque fois. Si vous percutez un arbre, ce n’est pas la même chose à 40 ou à 100 kilomètres/heure.»
Si le nombre de morts sur les routes luxembourgeoises est inférieur à celui de ses voisins européens (27 décès par million d’habitants, contre 45 en moyenne), le Grand-Duché a encore de la route à faire en matière de sécurité routière.
Malgré des «progrès encourageants», la Commission européenne juge insuffisant le recul du nombre de blessés graves. 308 ont été recensés en 2024 sur les routes du pays, contre 347 en 2023 et 267 en 2022.
Une baisse qui devra s’accélérer selon Bruxelles si le Luxembourg veut atteindre les objectifs fixés pour 2030.